Les propos de Trump menacent la sécurité des journalistes, selon l'Onu

Les propos véhéments que Donald Trump profère régulièrement contre la presse menacent la liberté de l'information et alimentent le risque de violences réelles contre les journalistes, estime le rapporteur de l'Onu pour la liberté d'expression, jeudi. /Photo prise le 1er août 2018/REUTERS/Carlos Barria (Reuters)

GENEVE (Reuters) - Les propos véhéments que Donald Trump profère régulièrement contre la presse menacent la liberté de l'information et alimentent le risque de violences réelles contre les journalistes, estime le rapporteur de l'Onu pour la liberté d'expression, jeudi.

"Ces attaques vont à l'encontre de l'obligation d'un pays de respecter la liberté de la presse et les droits de l'homme internationaux", affirme David Kaye dans un communiqué commun avec Edison Lanza qui occupe un poste similaire à la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

"Nous nous inquiétons particulièrement du fait que ces attaques accroissent le risque que des journalistes soient pris pour cible de violences", ajoute le communiqué.

Sur son compte Twitter, le président américain se livre régulièrement à des attaques verbales contre une partie de la presse américaine qu'il accuse de mensonges et de fausses informations quand elle critique son action ou publient des informations embarrassantes pour lui.

Le New York Times et la chaîne d'information CNN sont régulièrement pris à partie par Trump.

La semaine passée, CNN a annoncé que l'un de ses correspondants à la Maison blanche avait été exclu d'un événement présidentiel, ce qui a entraîné une plainte de l'association des correspondants accrédités à la Maison blanche.

Selon des experts, les attaques formulées par Trump ont pour but de jeter le doute sur des faits vérifiables. Le président et son administration, estiment-ils, cherchent à empêcher la recherche d'informations sur des agissements potentiellement délictueux.

"Mais il (Trump) n'est jamais parvenu à démontrer qu'un reportage avait été motivé par des raisons inappropriées", notent Kaye et Lanza.

Ils appellent également l'administration Trump à cesser ses poursuites judiciaires contre des journalistes pour les contraindre à dévoiler leurs sources et à ne plus faire usage de l'Espionage Act contre les lanceurs d'alerte.

(Tom Miles; Pierre Sérisier pour le service français)