Les personnes souffrant de bégaiement souvent victimes de dépression, selon une étude

Johanna Amselem
·2 min de lecture
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De nombreuses études ont dévoilé que les personnes bègues souffraient également de dépression ou d'anxiété. Souvent la peur de bégayer entretient l'existence de ce trouble de la parole.

"J'ai travaillé toute ma vie pour vaincre le bégaiement. Et je suis fier d'inspirer des enfants qui passent également par là. Cela s'appelle l'empathie". Derrière ce tweet de décembre 2019 se cache Joe Biden, le 46e président des États-Unis. En France, comme dans les autres pays, le bégaiement touche 1% de la population. Tout comme Joe Biden, une liste élaborée à l’Université d’Etat du Minnesota compile les noms de près de 200 personnes historiques et contemporaines. Une preuve que le bégaiement ne constitue pas un obstacle à la réussite.

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De précédentes études ont révélé que les adultes bègues souffraient également de problèmes psychologiques comme l’anxiété, la dépression ou la phobie sociale. L’article de The Conversation, cite par exemple le cas d’un patient qui aujourd’hui souffre seulement de bégaiement quand il est anxieux, lors de conversations téléphoniques ou quand il ne sait pas quoi dire. Ce trouble de la parole serait lié à un dysfonctionnement cérébral héréditaire. Des relations ont été établis entre le bégaiement et certains traits de personnalité.

Ainsi, le bien-être psychologique - mesuré par l'auto- évaluation du bonheur ou de la satisfaction à l'égard de la vie - joue probablement un rôle important. "Dans ces modèles, le bien-être a une influence globale sur les expériences quotidiennes. Les mesures du bien-être restent relativement stables indépendamment des changements dans les circonstances de vie d'une personne. Cela implique que les différences individuelles de bien-être affectent les expériences de bégaiement, plutôt que les effets du bégaiement qui affectent le bien-être", résument les auteurs de cet article.

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Orthophoniste et psychologue

Alors, pour améliorer la qualité de vie, les patients ont besoin de davantage qu’un traitement uniquement apporté par l’orthophoniste. En effet, les auteurs prennent pour exemple une étude menée sur des patients en attente d’orthophonie. Un tiers de cet échantillon présentait un trouble d'anxiété sociale. "Ce groupe a signalé une plus grande insatisfaction de la parole et un impact négatif sur la vie du bégaiement que ceux sans diagnostic de trouble d'anxiété sociale. Ils avaient clairement besoin d'un traitement pour des problèmes au-delà de la dysfluidité de la parole pour améliorer leur qualité de vie", assurent les auteurs.

En juin 2014, une autre recherche recommandait également "une collaboration entre les orthophonistes et les psychologues" afin de développer des programmes pour évaluer et traiter efficacement l'anxiété sociale chez les personnes qui bégaient.

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