L'armée irakienne contrôle les principaux axes autour de Mossoul

A Mossoul. Les forces irakiennes ont totalement coupé la liaison routière entre Mossoul, qu'elles tentent de reprendre aux combattants de l'Etat islamique (EI), et la ville de Tal Afar, à 70 km environ à l'ouest, a annoncé mercredi matin un commandant irakien. /Photo prise le 28 février 2017/REUTERS/Alaa Al-Marjani

BAGDAD (Reuters) - Les forces irakiennes ont coupé mercredi la route entre Mossoul et la ville de Tal Afar, à 60 km environ à l'ouest en direction de la Syrie, et contrôlent désormais tous les grands axes routiers autour du dernier grand bastion de l'Etat islamique (EI) en Irak.

La 9e division blindée de l'armée irakienne est à moins d'un kilomètre de la "Porte de Syrie", l'entrée nord-ouest de Mossoul, a déclaré un général irakien.

"Nous contrôlons effectivement cette route, elle est dans notre point de mire", a dit l'officier, joint par téléphone.

Des habitants de Mossoul ont rapporté qu'ils ne pouvaient plus emprunter cette liaison depuis mardi.

La route de Tal Afar, ville tenue par les djihadistes, était le dernier grand axe permettant de quitter la ville.

Les forces irakiennes progressent également à partir du sud, via l'aéroport de Mossoul qu'elles contrôlent depuis la semaine dernière.

La contre-offensive sur la grande ville du nord de l'Irak a débuté le 17 octobre dernier. Après avoir repris en janvier la partie orientale de la ville, située sur la rive gauche du Tigre, les forces irakiennes ont enclenché il y a dix jours l'assaut contre Mossoul-Ouest.

La fermeture de l'axe Mossoul-Tal Afar signifie que les combattants de l'EI sont désormais assiégés dans le centre, a souligné le général Abdoul Wahab al Saïdi, commandant adjoint des forces spéciales du CTS (Service de Contre-terrorisme), déployées au sud-ouest.

VILLE FANTÔME

Les unités du CTS affrontent des snipers et des tirs de missiles antichars à mesure qu'elles progressent vers l'est, via le quartier de Wadi al Hadjar, et vers le nord, dans les quartiers d'Al Mansour et Al Chouhada, où l'on peut entendre des tirs et des explosions.

Ces manoeuvres doivent permettre aux unités antiterroristes de faire la jonction avec les forces de réaction rapide et de la police fédérale, positionnées sur le Tigre, et avec la 9e Division blindée qui vient de l'ouest, dans le but de resserrer l'étau autour des djihadistes.

"Beaucoup d'entre eux ont été tués. Ceux qui sont toujours présents dans les quartiers d'habitation se retirent ou se font tuer", a dit le général Saïdi en parlant des membres de l'EI.

Mardi, un général britannique a déclaré que les forces de la coalition sous commandement américain en lutte contre l'EI en Irak et en Syrie tuaient les combattants du groupe djihadiste plus vite qu'ils ne sont remplacés.

A Mossoul-Ouest, le quartier d'Al Mamoun ressemble à une ville fantôme. On peut y voir les corps de deux djihadistes gisant près du QG opérationnel du CTS. A quelques centaines de mètres, une voiture piégée a été détruite par une frappe aérienne.

Les forces irakiennes sont soutenues par la coalition sous commandement américain, qui leur apportent un soutien aérien grâce à l'aviation et terrestre grâce à l'artillerie.

Plusieurs milliers de combattants de l'EI, parmi lesquels de nombreuses recrues des pays occidentaux, seraient encore retranchés dans Mossoul-Ouest.

Selon les chiffres de Bagdad, 26.000 civils environ ont quitté Mossoul-Ouest en raison des combats.

Les Nations unies estiment à plus de 176.000 le nombre de personnes ayant fui Mossoul depuis le début de l'opération de reconquête, alors que la population civile était estimée à 750.000 habitants avant cette date.

(Maher Chmaytelli avec Ahmed Rachid à Bagdad; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)