Les élections européennes 2019, comment ça marche ?

Les Français iront voter ce dimanche 26 mai

Les élections européennes 2019 se dérouleront le 26 mai prochain en France. Comment fonctionne le scrutin et quelles sont ses spécificités ?

Du 23 au 26 mai 2019, les citoyens de l’Union européenne pourront élire leurs représentants qui siégeront au Parlement européen. Les élections européennes 2019 (au pluriel, car il y en a bien plusieurs) se tiendront dans les 28 pays membres de l’UE. En France, le scrutin aura lieu le 26 mai (ou le 25 mai dans certains territoires d’outre-mer). Les bureaux de votes seront ouverts entre 8h et 18h (ou 20h dans certaines villes, notamment à Paris).

Combien de députés européens et français à élire ?

Le Parlement européen partage, avec le Conseil de l’Union européenne, le pouvoir législatif de l’UE. Il dispose actuellement de 751 sièges, répartis entre les 28 pays membres de l’UE. Le nombre de sièges attribué par état varie en fonction de sa population. Avec 74 élus, la France est le deuxième pays le plus représenté au Parlement européen derrière l’Allemagne et ses 96 eurodéputés (seuil maximum de députés par état membre, fixé par le Traité de Lisbonne). Les députés européens sont élus pour un mandat de cinq ans.

  • En cas de Brexit

Le Royaume-Uni fait toujours partie de l’UE à l’aube des élections européennes. En conséquence, les Britanniques devront tout de même voter pour élire leurs 73 eurodéputés. Lorsque le Brexit sera finalement acté (si cela se fait un jour), la répartition du Parlement européen sera modifiée. Celui-ci ne comptera plus que 705 membres. En effet, parmi les 73 sièges accordés au Royaume-Uni, 27 seront redistribués à d’autres pays, tandis que les 46 sièges restants seront gardés en réserve, en cas d’un nouvel élargissement de l’Union européenne. La France est directement concernée par cette mesure puisque 5 nouveaux sièges lui seront attribués lorsque le Royaume-Uni quittera définitivement l’UE. Il y aura donc 79 eurodéputés français au sein du Parlement européen, au lieu de 74 actuellement.

Comment se déroule le scrutin ?

Les Français devront faire leur choix parmi les 34 listes candidates aux Européennes sur le territoire national. Comme vu précédemment, elles comportent chacune 79 candidats, dont une tête de liste. Parmi ces listes, on retrouve les principaux partis politiques (LREM, LFI, LR, RN, PS, EELV...) mais également de nouveaux mouvements, dont trois listes “gilets jaunes”.

Contrairement à l’élection présidentielle, il n’y aura qu’un seul tour lors des élections européennes. Si le Parlement européen impose à ses Etats membres une élection “de type proportionnel, les pays membres de l’UE peuvent choisir les modalités de l’élection. La France a opté pour un système de vote par listes bloquées : les électeurs devront donc voter pour une seule liste de candidats le 26 mai prochain, dont ils ne pourront modifier ni l’ordre, ni la composition.

5% pour obtenir un siège

Une liste doit recueillir au minimum 5% des votes pour être éligible à un siège au Parlement européen (le seuil électoral varie également selon les pays). Les sièges sont ensuite répartis entre les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages de façon proportionnelle, selon le pourcentage de votes obtenus. Les listes obtenant un résultat inférieur à 5% ne seront pas représentées au Parlement européen.

Exemples :

  • Si une liste obtient 20% des voix lors des élections européennes, elle pourrait obtenir entre 17 et 23 sièges selon les estimations du Monde. Si elle remporte par exemple 20 sièges, les 20 premiers candidats de cette liste seront élus députés européens.

  • Dans le cas improbable où une liste obtiendrait 100% des voix, les 74 premiers candidats de cette liste (puis la totalité des candidats de cette liste lorsque le Brexit sera acté) siégeront au Parlement européen.

Différents partis européens

Une fois élus, les eurodéputés ne siégeront pas au Parlement européen selon leur nationalité mais en fonction de leurs affinités politiques. “Tout groupe politique est composé de députés élus dans au moins un quart des États membres”, précise le règlement intérieur du Parlement européen. “Le nombre minimal de députés nécessaires pour constituer un groupe politique est fixé à 25.” Issus d’un parti national, les eurodéputés se retrouveront donc (majoritairement) dans des plus gros partis européens.

Voter pour une liste revient donc, en particulier pour les principaux partis politiques français, à voter pour un groupe politique européen. Aujourd’hui, il existe huit groupes politiques au Parlement européen, les deux plus importants étant le Parti populaire européen (PPE, classé à droite et centre-droit sur l’échiquier politique) et l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D, classé à gauche et au centre). Si LREM pourrait former un nouveau groupe européen avec plusieurs partis de différents pays et l’ALDE (libéraux), les élus RN siégeront par exemple au sein de l’Europe des Nations et des libertés (extrême-droite).

À quoi sert un député européen ?

Les députés européens représentent les citoyens de leur pays. Comme pour l’Assemblée nationale, ils discutent, amendent et votent les textes de loi proposés par la Commission européenne, organe exécutif de l’Union européenne. Ils votent aussi le budget de l’UE et élisent également le président de la Commission européenne. En effet, si ce sont les États membres qui désignent (initialement) un candidat, celui-ci doit tenir compte des résultats des élections européennes. C’est ensuite le Parlement et donc l’ensemble des eurodéputés qui doivent approuver le nouveau président de la Commission européenne à la majorité absolue.

Mais en 2014, les différents partis politiques européens avaient leur propre tête de liste à la présidence de la Commission. Le parti le plus représenté à la suite des élections européennes, en l’occurrence le Parti Populaire européen, avait pu présenter son candidat. C’est ainsi que Jean-Claude Juncker a été élu à la tête de l’institution. Si le système du “Spitzenkandidat” (tête de liste) est reconduit cette année, les favoris pour prendre sa succession seraient Manfred Weber (PPE) et Frans Timmermans (S&D).