Les difficultés d'un patron de cinéma pendant la crise du Covid-19

Clément Vaillant

DÉCONFINEMENT - Cinémas, théâtres, concerts... En temps normal, les Grands Boulevards sont le cœur du Paris culturel. Mais pendant la crise du coronavirus, ils semblent avoir perdu leur âme, alors que les rideaux de ces lieux vivants restent toujours baissés.

À quelques pas de là, le cinéma “L’Archipel” ne fait pas exception. Fabrice Roux, son propriétaire, a dû éteindre ses projecteurs le 14 mars après l’annonce de la fermeture des lieux “non indispensables à la vie du pays” par Édouard Philippe. Et à l’instar des restaurateurs, lui aussi n’est toujours pas sorti du confinement. Si le ministre de la Culture, Franck Riester, a annoncé travailler à une réouverture des salles obscures pour début juillet, rien n’est encore acté pour le moment.

“J’ai dû mal à concevoir qu’on puisse prendre un risque dans un cinéma comme le mien et que par contre on ne prend pas de risques en prenant le métro”, déclare-t-il, perplexe. “Si on m’impose de ne mettre qu’une personne sur quatre dans mes salles, quels risques prendront les spectateurs par rapport à ceux qui rentrent dans un wagon de RER et sont tous les uns sur les autres dans un espace confiné?”. Un argument repris d’ailleurs sur les réseaux sociaux ces derniers jours.

70.000€ de pertes en deux mois de confinement

À l’issue de ces deux premiers mois de confinement, ce patron de cinéma indépendant a déjà fait les comptes: environ 70.000€ de pertes de chiffre d’affaires, ses huit employés mis au chômage partiel et des charges qui continuent de s’accumuler (système de billetterie et loyers entre autres). 

Un bilan qui ferait forcément paniquer n’importe quel chef d’entreprise. D’autant plus que “L’Archipel” a été placé en redressement judiciaire en fin d’année 2019.

“Au début de la crise du Covid,...

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