Les combattants kurdes suspendent leur retrait de Turquie

Combattants du PKK ayant quitté la Turquie pour s'établir dans le Kurdistan irakien, en mai dernier. Les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan ont suspendu leur retrait de Turquie, accusant le gouvernement d'Ankara de ne pas respecter ses engagements du processus de paix, tout en promettant de respecter pour le moment le cessez-le-feu. /Photo prise le 14 mai 2013/REUTERS/Azad Lashkari

ISTANBUL (Reuters) - Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé lundi la suspension du retrait de ses combattants de Turquie en accusant le gouvernement d'Ankara de ne pas respecter ses engagements du processus de paix, tout en promettant de respecter pour le moment le cessez-le-feu.

Les combattants kurdes ont commencé à quitter le territoire turc pour le Kurdistan irakien en mai, après l'appel à la trêve lancé en mars par leur chef historique emprisonné, Abdullah Öcalan, première étape visant à mettre fin à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts.

Mais les deux parties se sont depuis accusées de ne pas respecter les termes du processus de paix.

"Pendant la suspension du retrait (des combattants), le cessez-le-feu sera respecté pour donner une chance au parti AKP (au pouvoir) de prendre des mesures conformes au projet d'Apo (Abdullah Öcalan)", a indiqué le BDP, la branche politique du PKK, dans un communiqué.

La semaine dernière, le codirigeant du BDP, Cemil Bayik, a déclaré à Firat News, un site proche des séparatistes, qu'Ankara n'avait pas rempli sa part du contrat en se contentant de mettre fin à ses opérations militaires, sans renforcer les droits de la minorité kurde comme il s'y est engagé.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a de son côté accusé le mois dernier les Kurdes de ne pas avoir tenu leur promesse de retrait. "Seuls 20% ont quitté la Turquie, et il s'agit surtout de femmes et d'enfants", a-t-il affirmé.

Sous pression des nationalistes turcs qui lui reprochent d'avoir ouvert le dialogue avec des "terroristes", Recep Tayyip Erdogan a exclu toute amnistie générale pour les combattants du PKK.

Les Kurdes représentent environ un cinquième de la population turque.

Ece Toksabay, Tangi Salaün pour le service français