Les Bourses européennes en nette baisse, la nervosité reste de mise

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes ont ouvert en nette baisse lundi, dans le sillage du fort repli de Wall Street, la brutale remontée des rendements obligataires avec la hausse des anticipations d'inflation alimentant la nervosité des investisseurs.

À Paris, l'indice CAC 40 abandonne 1,03% à 5 309,93 points vers 08h45 GMT. À Francfort, le Dax lâche 0,83% et à Londres, le FTSE cède 1,11%.

L'indice EuroStoxx 50 de la zone euro perd 0,92%, le FTSEurofirst 300 recule de 1,05% et le Stoxx 600 cède 1,12%.

L'annonce, vendredi, d'une hausse plus forte que prévu du salaire horaire moyen aux Etats-Unis a ravivé les craintes d'un rebond plus fort qu'anticipé de l'inflation, qui pousserait les grandes banques centrales à accélérer le resserrement de leur politique monétaire.

La Bourse de New York a chuté de plus de 2% vendredi et signé sur l'ensemble de la semaine sa pire performance hebdomadaire depuis janvier 2016 (-4,1%).

"La façon dont les investisseurs américains vont réagir quand ils vont revenir lundi pourrait bien déterminer si le mouvement de vente est ponctuel, ou s'il s'agit du début d'une correction bien plus importante", indique Michael Hewson, chez CMC Markets.

"En l'état actuel, les marchés américains semblent prêts à rester sur la tendance négative qu'ils ont laissée vendredi".

"Situation de sur-achat, aplatissement anormal de la courbe des taux américain, phase d'adaptation du consensus concernant l’inflation, il n’y a pas lieu aujourd'hui de crier à la fin de la hausse des indices", relativisent pour leur part les stratèges de Mirabaud Securities.

Ils estiment que les indices européens et américains pourraient consolider au maximum de 2% à 4%, et "constituer une opportunité d’achat lorsque la fameuse phase d'adaptation sera terminée".


PMI ET MARIO DRAGHI AU PROGRAMME

En Asie, la Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 2,55%, son plus net repli depuis le 9 novembre 2016, quand le Nikkei avait perdu 5,4% après l'annonce de la victoire surprise de Donald Trump à l'élection présidentielle aux Etats-Unis.

En revanche, la Bourse de Shanghai s'est distinguée en finissant en hausse de 0,7% après l'annonce d'une forte croissance de l'activité des services en janvier en Chine.

Le marché attend aussi la publication de l'indicateur PMI des services en zone euro (09h00 GMT) et celui ISM pour les Etats-Unis (15h00 GMT).

Ces indices "ont le potentiel pour maintenir la pression haussière sur les taux s'ils suggèrent un élan soutenu pour la croissance", préviennent les économistes de Société générale.

Les intervenants de marché seront aussi attentifs à l'intervention de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), prévue à 16h00 GMT au Parlement européen.

Le rendement du Bund allemand évolue lundi autour de 0,74%, après avoir grimpé vendredi jusqu'à plus de 0,77%, au plus haut depuis septembre 2015. L'écart de rendement entre les emprunts d'Etat allemand à deux ans et ceux à 10 ans s'est élargi jusqu'à 131,90 points de base, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis juin 2014.

Le rendement des Treasuries à 10 ans est monté lundi jusqu'à 2,885% avant de redescendre autour de 2,85%. Il évolue à un plus haut depuis janvier 2014.

Sur le front des valeurs, la vive remontée des rendements obligataires pèse sur les secteurs des télécoms (-1,37%), des services aux collectivités (-0,93%) et de l'immobilier (-1,27%).


APPLE PÈSE SUR LES TECHS

Le secteur technologique lâche 1,37%, dans le sillage du repli de plus de 4% d'Apple vendredi à Wall Street en raison des inquiétudes concernant les ventes de ses iPhone.

Les fournisseurs européens du géant de l'électronique grand public sont affectés, comme AMS (-3,97%) et Dialog Semiconductor (-2,48%).

Aucun secteur en Europe n'échappe à la baisse du marché; à Paris, toutes les valeurs du CAC 40 évoluent dans le rouge. Seul Bic au sein du SBF 120 reprend des couleurs (+1%) après son plongeon la semaine dernière lié à une prévision de marges 2018 inférieure aux attentes.

Sur le marché des changes, le dollar reste globalement insensible à la remontée des rendements obligataires et évolue sur une note stable face à un panier de devises de référence.

L'euro est pratiquement inchangé face au billet vert, autour de 1,2455.

Sur le marché pétrolier, les cours du brut n'échappent pas à la correction générale, le baril de Brent retombant à un plus bas depuis près d'un mois.


(édité par Patrick Vignal)

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