L'einsteinium, un atome de l'extrême pris au piège des chercheurs de Berkeley

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Des chercheurs du laboratoire Lawrence Berkeley aux Etats-Unis sont parvenus à fabriquer, isoler, et étudier 200 nanogrammes d'einsteinium. Les propriétés de ce métal très radioactif, découvert en 1952, étaient encore largement méconnues.

L’einsteinium a parlé. Un peu. Mais c’est déjà beaucoup. Ce métal de la famille des actinides, très radioactif, avait depuis sa découverte en 1952 résisté à toute analyse. Trop difficile à synthétiser. Trop dangereux à manipuler. Mais une équipe de chercheurs de Berkeley vient de réaliser la première étude poussée de cet élément, parvenant à mesurer sa distance interatomique, autrement dit la taille de la liaison entre atomes. "Déterminer cette distance peut sembler anecdotique, reconnaît sur le site du Rebecca Abergel, qui a co-dirigé l’étude. Mais cette donnée est la première dont vous avez besoin pour connaître la manière dont ce métal se lie à d'autres molécules, et le type d'interactions chimiques qu'il aura avec elles."

L'einsteinium, forgé dans une explosion nucléaire

Singulier destin que celui de l’einsteinium, 99e membre (son noyau contient 99 protons) de la classification périodique des éléments qui en compte 118. Sa découverte constitue déjà toute une aventure. En novembre 1952, les États-Unis testent leur première bombe thermonucléaire, "Mike", sur l’atoll d’Eniwetok, dans l’océan Pacifique. Bien que ce type d'engin tire sa puissance dévastatrice de la fusion d’atomes légers (deutérium, tritium), elle contient aussi un peu d’uranium (92 protons). L’explosion provoque un bombardement intense des noyaux d’uranium par des neutrons, qui sont capturés au passage. Certains neutrons se transforment en protons, et c’est ainsi que des éléments plus lourds se forment, des "transuraniens", comme le plutonium (94 protons), l’américium (95 protons)... jusqu’à l’einsteinium et même le fermium (100 protons) qui seront isolés à partir des débris de l’explosion par des chercheurs... De Berkeley, déjà ! La découverte de l’einsteinium fera l’objet d’une publication par le physicien américain Albert Ghiorso en 1955, année de la mort d'Einstein, dont on peut se demander s'il aurait apprécié cet hommage...

Il émet des rayons gammas destructeurs

Durant près de 70 ans, les che[...]

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