Législatives : qu’est-ce que la majorité relative ?

Les résultats du second tour des élections législatives contraignent la majorité présidentielle à nouer des alliances. (Photo by GONZALO FUENTES/POOL/AFP via Getty Images) (POOL/AFP via Getty Images)

Vainqueur des élections législatives, la coalition présidentielle ne bénéficie néanmoins que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale et non d'une majorité absolue comme lors du premier quinquennat. De quoi s'agit-il ?

Cela était pressenti depuis le 1er tour des élections législatives. En obtenant 245 sièges à l'Assemblée nationale, la coalition présidentielle "Ensemble !" obtient la majorité à l'Assemblée nationale devant la NUPES, mais n'a pas suffisamment de sièges pour avoir la majorité absolue, contrairement à il y a 5 ans. En 2017, En Marche avait terminé largement en tête avec 350 sièges, obtenant de loin la majorité absolue, permettant à Emmanuel Macron de ne pas rencontrer d'obstacles majeurs pour appliquer son programme.

5 ans plus tard, c'est une toute autre affaire qui attend Emmanuel Macron. Ce dernier n'a pas réussi à obtenir les 289 sièges nécessaires pour avoir la majorité absolue et doit donc se contenter d'une majorité relative. Si la majorité présidentielle a bien plus de sièges que tous les autres partis, cela peut sembler être une victoire en trompe l'œil car les lois doivent être adoptées à la majorité absolue. Pour faire adopter des lois, la majorité présidentielle devra donc négocier pour convaincre certains députés de l'opposition de voter pour son projet ou alors chercher le soutien d'autres groupes politiques pour disposer d'une majorité absolue, et donc approuver les textes.

Même situation qu'en 1988

En début de semaine, le chercheur au CRNS Bruno Cautrès expliquait à l'Express que le nombre de sièges obtenus par la majorité présidentielle aurait un rôle très important pour le gouvernement : "En dessous de 10, il trouvera sans mal les alliés nécessaires pour faire le compte. Au-dessus de 20, la tâche s'annonce beaucoup plus compliquée".

Une situation qu'a connu François Mitterrand au début de son second septennat, entre 1988 et 1991, lorsque Michel Rocard était Premier ministre. La gauche n'avait pas obtenu la majorité absolue, obligeant le chef du gouvernement a avoir recours à 28 reprises au fameux article 49.3, qui permet au gouvernement d'adopter un texte sans le soumettre au vote de l'Assemblée. La situation sera bien différente cette fois-ci puisque depuis la réforme constitutionnelle de 2008, le recours au 49.3 est beaucoup plus restreint et ne peut s'appliquer qu'au projet de loi de Finances ou de financement de la Sécurité sociale et à un seul texte de loi par session parlementaire.

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