Législatives : ce candidat appelle les électeurs à ne pas voter pour lui

Jean-Luc Duret espère que sa candidature ne récoltera aucune voix au premier tour, le 12 juin prochain (Photo : Getty Images/iStockphoto) (Getty Images/iStockphoto)

Après un imbroglio du parti présidentiel, auquel il appartient, Jean-Luc Duret s'est retrouvé candidat dans la 2e circonscription de la Meuse face à une autre membre de Renaissance. Il est cependant tout sauf un dissident.

"Ne votez pas pour moi !" Difficile de faire plus clair, et plus improbable, que cet appel lancé en exergue de son affiche électorale par Jean-Luc Duret, candidat aux élections législatives dans la 2e circonscription de la Meuse. Membre du parti d'Emmanuel Macron, ce dernier se retrouve en effet dans une position inconfortable suite à une série d'erreurs de l'état major de Renaissance (ex-La République en marche) dans l'attribution de cette circonscription.

Comme l'explique Ouest France, cette investiture devait initialement revenir à Patrick François, ancien directeur Grand Est de la Caisse des dépôts. Or, cette précédente fonction le rend automatiquement inéligible, ce dont le parti présidentiel s'est rendu compte beaucoup trop tard, à quelques dizaines de minutes seulement de la clôture officielle du dépôt des candidatures pour ces élections.

Renaissance s'emmêle les pinceaux

"J’ai appris ça le vendredi 20 mai à 16 h, soit deux heures avant la fin du dépôt des candidatures, précise ainsi Jean-Luc Duret, responsable du parti dans la Meuse. On m’a donc conseillé de déposer la mienne." En urgence, l'intéressé se rend donc à la préfecture pour officialiser la chose. Une fois ceci fait, il va toutefois se rendre compte que Renaissance avait prévu (et activé) une autre solution de secours.

Jean-Luc Duret croise ainsi, aux abords de la préfecture, celle qui devait être la suppléante de Patrick François, Anne Bois. Cette dernière lui explique alors qu'elle a finalement été investie par le parti d'Emmanuel Macron. Il est cependant trop tard pour faire machine arrière, l'heure limite est dépassée et Jean-Luc Duret ne peut plus annuler sa candidature.

Il ne veut pas "participer à la division des voix"

Une douzaine de jours plus tard, Jean-Luc Duret se retrouve donc dans une situation paradoxale. Lui qui se voyait comme un "candidat naturel" de Renaissance il y a quelques mois, avant que son parti n'opte pour Patrick François, se retrouve donc désormais candidat dissident de fait, sans avoir la moindre intention de l'être.

Cité par Ouest France, Jean-Luc Duret affirme ainsi ne pas vouloir "participer à la division des voix dans une circonscription qui a voté à 57 % pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle". Il a donc décidé d'appeler publiquement les électeurs à faire abstraction de sa candidature, par le biais de cette affiche de campagne peu commune, et de ne distribuer aucun bulletin à son nom aux bureaux de vote de la 2e circonscription. Le 12 juin prochain, il serait donc surprenant que ce candidat récolte ne serait-ce qu'une voix au premier tour...

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