Législatives : les alliances de gauche et de droite peuvent-elles faire trembler la Macronie ?

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Jean-Luc Mélenchon a lancé un appel à l'union de la gauche en vue des élections législatives, tout comme Éric Zemmour à droite. (Photos AFP BERTRAND GUAY) (AFP)
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À peine Emmanuel Macron réélu, les partis politiques se préparent déjà aux législatives du mois de juin, et pensent à des alliances.

La présidentielle va-t-elle entrainer une grande recomposition politique, perceptible dès les législatives des 12 et 19 juin prochains ? Emmanuel Macron à peine réélu que déjà, les partis battus se projettent vers les législatives, qui décideront de la couleur politique de la future assemblée.

"Au niveau sociologique comme au niveau électoral, on voit que la France est divisée en trois. D'un côté la proposition nationaliste, qui émane du duo Marine Le Pen / Éric Zemmour, au milieu un bloc libéral sociétal, européen pro-entreprise, progressiste sur les enjeux de société, représenté par Emmanuel Macron et qui réunit de Manuel Valls à Éric Woerth, et de l'autre un bloc social, plutôt urbain, éduqué, représenté par Jean-Luc Mélenchon", analyse Adrien Broche, politiste et chargé d'études à l'institut Viavoice.

"Un scrutin en général défavorable aux partis polarisés, comme le RN et LFI"

Des blocs que Jean-Luc Mélenchon à gauche et Éric Zemmour à droite aimeraient voir se concrétiser dans les urnes les 12 et 19 juin prochain.

"C'est un scrutin qui est en général défavorable aux partis polarisés, comme le RN et LFI, et favorise davantage les partis plus centristes", tempère Benjamin Morel, docteur en sciences politiques. "Les dernières élections ont été marquées par une forte abstention, or ce sont les CSP+ et les personnes âgées qui se mobilisent le plus souvent aux élections, et ont un vote davantage centriste", poursuit le spécialiste.

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À l'issue des législatives de 2017, 313 députés de La République En Marche accédaient à l'Assemblée, 8 du RN pourtant au second tour de la présidentielle, et 17 de La France Insoumise, pourtant créditée de plus de 19% des voix au premier tour du scrutin présidentiel.

L'appel de Mélenchon aux partis de gauche

À gauche, Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour cette année avec 21,95% des suffrages exprimés soit 7 712 520 voix, a lancé à plusieurs reprises un appel très large à rejoindre l'Union populaire en vue des élections législatives, un "troisième tour" selon lui, pour "imposer une cohabitation".

Le député des Bouches-du-Rhône a écrit aux communistes, aux écologistes, et au NPA de Philippe Poutou, un appel depuis élargi aux socialistes et Jean Lassalle à le rejoindre afin d'obtenir une majorité à l'Assemblée et de le désigner Premier ministre.

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Une coalition qui réunissait 12,13 millions de voix au premier tour de la présidentielle. Selon les calculs de Jean-Luc Mélenchon, "l'Union populaire est en tête dans 105 circonscriptions du pays, c'est-à-dire 20% d'entre elles et au deuxième tour, avec les résultats qu'il y a là dans les circonscriptions, dans plus de 420 circonscriptions". De quoi envisager la création d'un bloc à gauche pour emporter la majorité à l'Assemblée nationale.

L'appel de Zemmour aux partis de droite

Même idée dans le clan d'Éric Zemmour, battu avec 7,07% des suffrages exprimés au premier tour, soit 2 485 226 voix. Au soir du second tour, le candidat d'extrême droite a lancé un appel à "l'union du bloc national", appelant à une alliance de sa formation "Reconquête!" et du Rassemblement national, en même temps que des autres mouvements de la droite et de l'extrême droite en vue des législatives, s'adressant notamment au RN, aux Républicains "qui refusent le macronisme" et à Debout la France.

Une alliance Reconquête, RN, DLF et LR ?

Un appel relayé dans Le Figaro et également signé par Marion Maréchal et Nicolas Bay, vice-présidents exécutifs de Reconquête, qui souhaitent des négociations avec LR, le RN et DLF en vue des législatives. Une coalition qui réunissait un peu plus de 13 millions d'électeurs au premier tour de la présidentielle. Leur objectif, "être en mesure de construire une majorité présidentielle autour de Marine Le Pen ou d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron".

"Nous avons fait des projections, à partir des résultats du premier tour, et on peut espérer qu’il y ait 379 seconds tours avec des candidats communs", a précisé Marion Maréchal sur BFMTV, alors que Reconquête ne compte qu'un seul député, Guillaume Peltier, et que le parti n'est arrivé en tête dans aucun territoire.

"LR et le PS restent bien implantés"

"Cette union de droites, c'est l'objectif d'Éric Zemmour depuis qu'il a pris conscience qu'il ne gagnerait pas la présidentielle. C'est faire cette alliance idéologique et sociologique d'une droite libérale identitaire conservatrice ainsi que l'électorat populaire de Marine Le Pen. L'interrogation, c'est à quel point une frange des élus LR va décider de passer le pas et de rejoindre ce pôle nationaliste. C'est la clé de la réalisation de cet union des droites" estime Adrien Broche, politiste et chargé d'études à l'institut Viavoice.

De là à concrétiser dans les urnes ces trois blocs distincts, il y a donc un pas qui reste à franchir. "Le PS et LR sont deux partis qui remportent les élections locales depuis 2017 et qui sont bien implantés localement, c'est aussi pour cela qu'il y a des tentatives d'alliance", rappelle Benjamin Morel, qui voit se dessiner deux possibilités.

"S'ils arrivent à une très forte mobilisation, LFI et le RN peuvent l'emporter"

"Soit il y a une politisation très forte de cette élection législative, c'est ce que tentent de faire Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour, en parlant de 3e tour, en affirmant qu'ils peuvent encore gagner. S'ils arrivent à une très forte mobilisation, cela peut faire mentir ce vote davantage centriste des législatives et LFI et le RN peuvent l'emporter". Un "troisième tour" qui s'affichait dès le soir de la défaite dans les esprits des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

"Soit il y a une très forte démobilisation, deux mois après la présidentielle, et les législatives ressemblent aux précédentes élections locales, avec l'électorat traditionnel mobilisé, qui peut voter LREM ou voter pour un candidat bien implanté, au PS ou à LR", analyse Benjamin Morel, qui rappelle qu'il y a une inconnue de taille pour ces législatives.

"Cette année elles ont lieu deux mois après la présidentielle, contre un mois seulement en 2017. Or, plus on s'éloigne de l'élection du président, plus des nouvelles problématiques apparaissent dans la société et changent les dynamiques de vote", conclut Benjamin Morel.

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