Lee White : "Nous espérons que le carbone stocké dans les forêts intègre un marché mondial"

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Ministre de l’environnement du Gabon depuis 2019, Le professeur Lee White est à l’origine de la création des 13 parcs nationaux dans ce pays. Le premier paiement pour le stockage de carbone par les forêts est intervenu sous son égide. Le biologiste attend de la COP26 qu’elle officialise le rôle écologique et économique des puits de carbone terrestres.

Sciences et Avenir : La semaine dernière, lors de la COP26 à Glasgow, plus de 100 pays ont annoncé vouloir stopper la déforestation en 2030. Quelle a été votre réaction ?

Lee White : C’est une décision très symbolique. Cela montre que les pays développés veulent une coopération plus efficace avec les pays en voie de développement. Cet engagement s’accompagne d’une enveloppe financière d’environ 13 milliards d’euros. C’est bien, mais il faudrait ajouter au moins un zéro à cette somme. Notre voisin, la République démocratique du Congo (RDC), perd tous les ans 500.000 hectares de forêts exploitées illégalement. Un hectare de forêt tropicale représente 500 tonnes de carbone. Au prix très modeste de 10 euros la tonne, ce sont près de 22 milliards d’euros de dégâts par an qui sont à déplorer.

"Le couvert forestier occupe 80% du Gabon"

Quelle est la situation actuelle de la forêt gabonaise ?

Le couvert forestier occupe 80% du pays qui représente en surface à peu près les deux tiers de la France. 87% des 2,2 millions d’habitants vivent dans les villes, aussi ces espaces naturels sont très peu peuplés. En 2002, 13 parcs nationaux ont été créés. Ils occupent 11% du territoire, là où l’intérêt écologique est le plus fort. Aujourd’hui, 22% du territoire est sous statut de protection et 60% sont exploités sous un régime de concessions. Notre taux de déforestation est inférieur à 1%. Nous avons donc en charge un énorme potentiel de puits de carbone et de réserve de biodiversité. Le bilan carbone du Gabon est positif de 105 millions de tonnes par an.

Comment pouvez vous prouver ces chiffres ?

En 2009, nous avons créé justement pour suivre avec précision l’évolution de la forêt, ses dégradations et reconstitutions. Nous nous appuyons sur les données de plusieurs satellites européens et américains qui nous permettent de suivre les changements d’occupation des sols, bien que le Gabon soit l’un des pays les plus nuageux au monde. Ainsi, développé par l’université du Maryland, GLAD4[...]

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