Des lectures de poèmes dans des épiceries bio pour offrir un espace de liberté aux comédiens

C'est une caissière très spéciale. Ce jour-là dans une épicerie bio parisienne, une comédienne lit des poèmes derrière le micro branché sur une caisse de paiement. Les clients entendent ses mots en tâtant les poireaux ou en patientant dans la queue. Une expérience qui ravit Marianne Giraud, la comédienne à l'affiche de ce magasin. Elle estime que l'art doit aller à la conquête de son public. "Si c'est de l'ordre du ravissement, ça doit pouvoir être dans plein d'endroits du quotidien justement. Cela créé plus de souvenirs que quand on va quelque part chercher de l'art et qu'on a ce qu'on veut. Là, je ne leur demande rien. Ils écoutent s'ils veulent", dit-elle."La culture est de première nécessité" Martin Jeudy est le directeur d'Homur, une structure qui met en lien des artistes et des hôtes insolites. C'est lui qui est à l'origine de la venue de la poétesse dans les rayons de l'épicerie bio. "La culture est de première nécessité pour moi. Les artistes, ils ont ce besoin de s'exprimer. Actuellement, on l'interrompt, ce besoin. C'est brutal. Nous on a envie de continuer, de les aider", raconte t-il. Dans les allées de l'épicerie bio, les clients apprécient cette expérience. "C'est plus agréable à entendre qu'une promotion du rayon charcuterie, ce à quoi on a l'habitude dans les escaliers", dit un passant. Pour une autre, "cela pose question. On se dit : que se passe t-il pour que les artistes soient obligés d'aller dans des lieux commerciaux ?".