"Les lectures de Charles de Gaulle", la chronique de Bernard Pivot sur le dernier livre de Jacques Julliard

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Analogues aux "lectures de François Mitterrand", j'aurais aimé faire une émission sur "les lectures de Charles de Gaulle". Mais le Général est mort en 1970 et je ne suis entré dans mon premier studio de télévision qu'en 1973. Aucun regret cependant à avoir : de Gaulle aurait refusé ma proposition. Parler en public des écrivains qu'il aime lui aurait paru d'une grossière impudeur. La littérature ne saurait excuser le déboutonnage sur quelque écran que ce soit.

Comment de Gaulle s'est nourri de la spiritualité des écrivains

 

Pourtant, s'il détestait les intellectuels, le Général vénérait les écrivains. Par ce constat Jacques Julliard commence son "Apostrophes", qui réunit quatre écrivains lus et admirés par l'homme du 18 juin : Bernanos, Claudel, Mauriac et Péguy. J'entends déjà des cris, des plaintes : et Malraux? Il n'a pas été oublié, il a été écarté. Les quatre écrivains élus par Jacques Julliard ont tous été de fervents catholiques alors que Malraux était agnostique. Le dessein de l'éditorialiste de Marianne est d'analyser comment de Gaulle, catholique pratiquant, s'est nourri de la spiritualité de ces écrivains quand il n'a pas voulu les engager à son service…

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Même espacées, même difficiles, les relations de De Gaulle avec Bernanos étaient intenses parce qu'elles étaient marquées d'un même sceau du spirituel

 

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C'est le cas, par exemple, de Paul Claudel, dont de Gaulle a eu la bonté d'oublier les Paroles au maréchal (Pétain, bien sûr) pour se satisfaire de l'ode qu'il lui...


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