Le vote par correspondance s'invite à l'Assemblée, Darmanin ferme la porte

Anthony Berthelier
·Journaliste au HuffPost
·3 min de lecture
Ce député invoque la présidentielle américaine pour prôner le "vote à distance", Darmanin ferme la porte (photo d'illustration prise le 2 novembre au Michigan) (Photo: John Moore via Getty Images)
Ce député invoque la présidentielle américaine pour prôner le "vote à distance", Darmanin ferme la porte (photo d'illustration prise le 2 novembre au Michigan) (Photo: John Moore via Getty Images)

POLITIQUE - No, thanks. La tumultueuse élection présidentielle américaine s’est invitée à l’Assemblée nationale ce mardi 10 novembre, lors des questions au gouvernement.

Outre les traditionnelles félicitations adressées au duo Biden-Harris pour sa victoire, il a notamment été question du vote par correspondance, dont le dépouillement a fait basculer le scrutin. Mais le plaidoyer de Jean-Noël Barrot pour rétablir ce dispositif supprimé en France en 1975 n’a pas convaincu le ministre de l’Intérieur, et ce malgré la volonté de légiférer d’une partie de la majorité et des oppositions.

“Nous saluons la mobilisation historique des citoyens américains qui, en pleine crise sanitaire, se sont plus massivement exprimés qu’ils ne l’avaient fait depuis 120 ans. Dans ce sursaut démocratique, le vote à distance aura joué un rôle clé”, a notamment lancé le député MoDem des Yvelines, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Pour lui, “s’il y a une seule leçon à tirer de tout cela, c’est que la progression de l’abstention n’est pas une fatalité, que la France peut elle aussi traverser les crises sans avoir à mettre la démocratie à l’arrêt.” C’est pourquoi il demande au gouvernement, avec son groupe, d’“ouvrir le chantier exigeant, difficile du vote à distance.”

“L’isoloir, l’urne et des préaux d’écoles”

Réponse de Gérald Darmanin: ”nous avons fait le choix de l’isoloir, de l’urne et des préaux d’écoles.” Et ce n’est visiblement pas prêt de changer. “Le système électoral français fonctionne, il correspond sans doute à un certain nombre de critères qui empêchent peut-être d’aller vers le vote à distance”, a expliqué le ministre de l’Intérieur, comme vous pouvez le voir ci-dessous, avant d’entrer dans le détail.

″Sous la présidence Giscard d’Estaing, nous l’avions supprimé pour des raisons de fraude. (...) Nous ne sommes pas capable, au ministère de l’Intérieur, d’être sûr que ce scrutin, comme le scrutin électronique soit entièrement incontestable vu que des cas de fraude peuvent être relevés”, a-t-il argumenté en ajoutant: ”nous avons fait le choix de l’isoloir, de l’urne et des préaux d’écoles pour la bonne et simple raison qu’un tiers ne peut pas faire de poids communautaire d’une personne sur une autre.”

Une réponse qui laisse entrevoir un désaccord dans la majorité entre La République en marche et son allié MoDem. Pour le patron des députés centristes Patrick Mignola, “le vote par correspondance, c’est l’évidence.”

“L’idée est maintenant plus mûre. Au printemps, le gouvernement avait répondu dans l’urgence. Là les esprits sont prêts pour que le débat soit enfin rouvert”, avance-t-il, ce mardi, dans Le Figaro. Pas si sûr...

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.