Le Pentagone craint que l'armée chinoise s'entraîne pour frapper des cibles US

Des bombardiers chinois. L'armée chinoise a élargi ces dernières années les opérations de ses bombardiers tout en "s'entraînant probablement à des frappes" contre des cibles américaines, selon un rapport annuel du Pentagone publié jeudi. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Lee (Reuters)

WASHINGTON (Reuters) - L'armée chinoise a élargi ces dernières années les opérations de ses bombardiers tout en "s'entraînant probablement à des frappes" contre des cibles américaines, selon un rapport annuel du Pentagone publié jeudi, dans un contexte de tensions commerciales accrues entre Washington et Pékin.

Le Pentagone a fait cette évaluation dans un rapport qui souligne les efforts de la Chine pour étendre son influence mondiale, avec des dépenses en matière de défense estimées par le Pentagone à plus de 190 milliards de dollars (167 milliards d'euros) en 2017.

"Au cours des trois dernières années, l'APL (l'Armée populaire de libération, NDLR) a rapidement étendu les zones d'opérations de ses bombardiers maritimes, acquérant de l'expérience dans des régions maritimes cruciales et s'entraînant probablement à des frappes contre des cibles des Etats-Unis et de leurs alliés", est-il écrit dans le rapport.

Bien que l'APL a continué à étendre ses opérations, le message que Pékin cherchait à envoyer, "au-delà d'une démonstration de capacités accrues", n'était pas clair, a estimé le Pentagone dans son rapport.

Aucun commentaire n'a été effectué par l'ambassade de Chine à Washington.

Cette année, les forces aériennes chinoises ont placé des bombardiers à proximité d'îlots à la souveraineté contestée en mer de Chine méridionale dans le cadre d'exercices militaires dans la région.

En janvier, le Pentagone a fait de la lutte contre l'influence de la Chine et de la Russie ses priorités en matière de stratégie de défense nationale.

La volonté de Washington et Pékin de contenir les tensions militaires a parfois été mise à l'épreuve ces derniers mois, notamment en mai après l'annulation faite à la Chine par le Pentagone de participer à des exercices militaires en mer.

(Idrees Ali, avec la contribution de David Brunnstrom; Jean Terzian pour le service français)