Le Pen soutient Griveaux et s'en prend aux "manipulateurs d'élection". Pourtant...

POLITIQUE - Avant de joindre sa voix au chœur des politiques condamnant unanimement l’intrusion dans la vie privée de Benjamin Griveaux, qui l’a conduit ce vendredi 14 février à renoncer aux municipales 2020 de Paris, Marine Le Pen a d’abord tenu à lui faire la leçon. “Monsieur Griveaux s’est incontestablement comporté de manière irresponsable”, a tancé la présidente du Rassemblement national en marge d’un déplacement à Lunel (34), avant d’adopter un discours flirtant avec des théories complotistes. 

En évoquant l’hypothèse d’un “coup monté” contre l’ex-candidat LREM à la mairie de Paris, Marine Le Pen s’est aussi inquiétée du profil “russe anti-Poutine” de Piotr Pavlenski, l’activiste qui revendique la diffusion de messages et vidéos à caractère intime attribués à l’ancien porte-parole du gouvernement. Et d’agiter la menace de futures manœuvres visant à “déstabiliser le processus démocratique dans une élection municipale, législative ou présidentielle”.  

“Je considère que ni les juges, ni les manipulateurs, ne doivent pouvoir avoir une influence sur le cours d’une élection”, a-t-elle ajouté. Pourtant, si l’ex-candidate à la présidentielle de 2017 s’est effectivement débarrassée des juges d’instruction, elle a surtout su, avec son entourage, faire le jeu des “manipulateurs d’élection” qu’elle dénonce aujourd’hui. 

Rumeurs et fausses informations

Notamment lors du débat de l’entre-deux-tours face à Emmanuel Macron, quand la candidate FN avait interrogé son rival sur un prétendu “compte offshore aux Bahamas”, en se basant sur des documents non vérifiés, car postés sur le forum 4chan seulement quelques heures avant le débat télé par une source non identifiée, prétendant qu’Emmanuel Macron serait coupable d’évasion fiscale. La rumeur venue d’internet, puis propagée par Marine Le Pen à 16,4 millions de téléspectateurs, reste à ce jour infondée. Une fake news parmi tant d’autres. 

Car jusqu’à la dernière minute de la campagne présidentielle, les cadres du FN (devenu RN), et leurs soutiens, ont également cherché à peser sur l’élection en relayant sur les réseaux sociaux une série de fausses informations, mais aussi les “MacronLeaks”, c’est-à-dire le contenu des boîtes mails de l’équipe du candidat d’En Marche!, piratées par des hackers liés au renseignement russe, selon Le Monde

Au soir de la défaite électorale du 7 mai 2017, Marie-Caroline Le Pen, la fille aînée du fondateur du FN, saluait malgré tout le comportement “démocratique” de son parti durant la campagne. 

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