Le Pen plaide pour une nationalisation de la dette

Marine Le Pen a plaidé jeudi pour une prise de contrôle de certaines banques par l'Etat "en cas de crise grave" et pour une nationalisation de la dette publique, qu'elle présente comme une condition de l'indépendance de la France. /Photo prise le 2 mars 2017/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a plaidé jeudi pour une prise de contrôle de certaines banques par l'Etat "en cas de crise grave" et pour une nationalisation de la dette publique, qu'elle présente comme une condition de l'indépendance de la France.

La candidate du Front national à la présidentielle a repris ces deux propositions lors d'un discours prononcé à Paris et consacré au "protectionnisme intelligent" et au "patriotisme économique", deux notions au coeur de son programme économique.

"Le moment pour en finir avec l'économie sans territoire et sans visage est exceptionnellement favorable", a-t-elle dit.

"Regardez le monde comme il va. Partout, de l'Amérique de Donald Trump à l'Inde de Narendra Modi, de la Chine de Xi Jiping au Royaume-Uni de Theresa May, le patriotisme économique l'emporte", a-t-elle poursuivi.

"Voici des dizaines de milliers d'emplois ramenés aux Etats-Unis, des entreprises qui relocalisent, des industries qui rouvrent leurs usines", a encore dit Marine Le Pen.

Au nombre des mesures qu'elle préconise, la présidente du parti d'extrême droite a cité notamment la nationalisation des sociétés d'autoroute, la distribution de primes aux entreprises qui produisent et investissent en France, ou sa volonté de prendre le contrôle de banques dans certains cas.

"S'il le faut, en cas de crise grave, l'Etat pourra devenir, même transitoirement, propriétaire d'un établissement bancaire", a-t-elle déclaré.

"Et j'engagerai la renationalisation de la dette, en rétablissant d'abord notre balance des paiements afin de ne plus dépendre du reste du monde", a ajouté la candidate frontiste. "Quand plus des deux tiers de la dette est détenue par des résidents étrangers, l'indépendance de la France est en jeu."

Au cours de son discours, elle a également insisté sur la "nécessité de refaire un Etat expert, un Etat garant, qui soit aussi un Etat présent".

Dans son programme, apparaissent plusieurs mesures allant dans ce sens, comme le projet de privilégier autant que possible les entreprises françaises dans la commande publique ou la création d'un fonds souverain à même de "prendre des participations dans des secteurs porteurs".

Systématiquement première des sondages en vue du premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen est pour l'heure donnée battue au second, en mai, quel que soit son adversaire.

(Simon Carraud, édité par Gérard Bon)

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