Le Pen insiste sur ses fondamentaux lors d'un meeting perturbé

par Simon Carraud
Marine Le Pen (photo) a lancé lundi la dernière semaine de sa campagne présidentielle en insistant sur des thèmes qu'elle n'a pour l'instant pas réussi à imposer dans le débat, comme l'identité française et l'immigration, au cours d'un meeting perturbé par de brefs incidents. /Photo prise le 17 avril 2017/REUTERS/Pascal Rossignol

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a lancé lundi la dernière semaine de sa campagne présidentielle en insistant sur des thèmes qu'elle n'a pour l'instant pas réussi à imposer dans le débat, comme l'identité française et l'immigration, au cours d'un meeting perturbé par de brefs incidents.

"Rendez-nous la France", a lancé la présidente du Front national devant un peu plus de 5.000 sympathisants réunis au Zénith pour le seul rassemblement parisien du parti d'extrême droite prévu avant le premier tour.

Avant ce meeting, des échauffourées ont éclaté pendant quelques minutes entre plusieurs dizaines de manifestants anti-FN et la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène. Le député Gilbert Collard a pour sa part été la cible de projectiles à son arrivée. Il n'a pas été blessé.

Le discours de Marine Le Pen a par ailleurs été interrompu par deux fois pendant quelques secondes, d'abord par une jeune femme qui est montée sur scène avant d'être aussitôt plaquée au sol et évacuée par le service d'ordre du parti, puis par une autre femme, seins nus, qui s'est levée au milieu du public avant d'être, elle aussi, expulsée de la salle.

"On voit là l'inversion totale des valeurs. Ils viennent perturber un meeting de la seule femme qui défend les femmes", a réagi Marine Le Pen, qui a égrené le reste du temps ses sujets de prédilection, notamment celui de l'identité.

La députée européenne a décrit une France "dépossédée" de sa "souveraineté" devant une salle qui lui a répondu aux cris de "On est chez nous" ou "La France aux Français".

"Cet appel que vous lancez exprime (...) cette angoisse légitime qui nous étreint de ne plus être, en effet, tout à fait chez nous en France", a dit Marine Le Pen.

"LA FRANCE SE TIERS-MONDISE"

"Chaque jour, ce sont des centaines d'étrangers supplémentaires qui rentrent chez nous pour s'y installer (...) avec l'intention de vivre comme chez eux. On ne peut plus le laisser faire. Pour beaucoup de Français, l'immigration massive est une oppression", a-t-elle dit.

"Regardez ce que vivent tant de Français modestes dans des quartiers, dans des cités, qui se sentent étrangers dans leur propre pays", a encore déclaré la présidente du FN. "Ici, à Paris, ces familles qui se pressent aux fenêtres des voitures pour mendier. Notre pays se tiers-mondise sous nos yeux."

Elle a également évoqué des "terroristes migrants du Bataclan et du Stade de France", en référence aux attentats qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, le soir du 13 novembre 2015.

Jusqu'à présent, Marine Le Pen n'a pas réussi à attirer ses concurrents sur son terrain le plus favorable au cours d'une campagne insolite, dominée par le feuilleton des affaires de François Fillon, la curiosité autour d'Emmanuel Macron et, plus récemment, la percée de Jean-Luc Mélenchon.

Ces dernières semaines, elle a surtout dû défendre sa proposition consistant à en finir avec l'Union européenne dans sa forme actuelle et à sortir de la zone euro, deux mesures loin de faire consensus dans l'opinion.

Cette campagne ne lui a donc pas permis d'enclencher une dynamique en sa faveur: la courbe de ses intentions de vote, qui avait approché les 30% il y a quelques semaines, s'est progressivement érodée pour retomber sous les 25%.

Elle est cependant donnée qualifiée pour le second tour où, selon les sondages, elle serait battue, quel que soit son adversaire.

(édité par Henri-Pierre André)

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