Le patronat français monte en défense de l'Europe

A l'approche de l'élection présidentielle, l'Association française des entreprises privées (Afep) a pris fait et cause vendredi pour l'Union européenne et l'euro. Pour les entreprises françaises, la sortie de l'Europe, préconisée notamment par la présidente et candidate du Front national, Marine Le Pen, n'est pas une option, écrit l'Afep dans une tribune diffusée auprès de la presse. /Photo prise le 5 avril 2017/REUTERS/Vincent Kessler

PARIS (Reuters) - A l'approche d'une élection présidentielle dont plusieurs candidats sont ouvertement anti-européens, l'Association française des entreprises privées (Afep) a pris fait et cause vendredi pour l'Union européenne et l'euro.

Cette organisation de défense des intérêts des plus grandes sociétés françaises est, après l'Institut de l'entreprise et le Medef, le troisième organisme proche du patronat à intervenir en quelques jours sur ce sujet et sur la même ligne.

Pour les entreprises françaises, la sortie de l'Europe, préconisée notamment par la présidente et candidate du Front national, Marine Le Pen, n'est pas une option, écrit l'Afep dans une tribune diffusée auprès de la presse.

"Il n'y a pas de projet alternatif (à l'Europe) pour assurer la prospérité économique et la paix entre les peuples. Tous les exemples de repli sur soi ont conduit à un appauvrissement et, souvent, à des conflits", fait-elle valoir.

"Contrairement à cette idée très répandue au sein du débat politique, le rejet de l'Europe ne permet pas de résoudre les problèmes de la France", ajoute-t-elle.

L'Afep admet cependant que l'Union européenne fait aujourd'hui l'objet d'une "forte défiance" de la part de ses citoyens et estime que le vote britannique en faveur d'une sortie du Royaume Uni "montre que l'Europe doit impérativement être adaptée pour agir avec plus d'efficacité".

L'Afep évoque les secteurs de l'énergie, des télécoms, de la recherche et de l'innovation mais aussi la question de la mobilité des travailleurs, "un chantier sensible qui doit être engagé sans tarder", la politique commerciale et la défense.

L'organisation patronale estime également qu'un renforcement des contrôles migratoires et une réforme de l'espace de Schengen "doivent permettre de concilier les besoins économiques et démographiques des différents pays".

Enfin, concernant la France, l'Afep plaide pour une baisse des dépenses publiques et une réforme du marché du travail et du système éducatif, des revendications récurrentes du patronat.

Le Medef vient de publier sa doctrine européenne, un document de 24 pages dans laquelle la première organisation patronale française présente une série de propositions pour "faire de l'Europe la première place économique mondiale", notamment en achevant le marché intérieur.

"Nous attendons des dirigeants européens un signal fort", lit-on notamment dans ce document : "Que les Vingt-sept affirment clairement (...) leur détermination à demeurer solidaires et à ne pas remettre en cause les acquis fondamentaux de l'Union."

Dans une interview accordée le 30 mars à Reuters, le président du Medef, Pierre Gattaz, a jugé "suicidaire" la stratégie de Marine Le Pen et estimé qu'une victoire du candidat de la droite François Fillon ou de l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, à la présidentielle, serait au contraire de nature à restaurer la confiance dans l'économie française des partenaires européens de la France.

De son côté, l'Institut de l'entreprise a publié en mars une note d'une cinquantaine de pages, "L'Europe que nous voulons", dans lequel cet organisme de réflexion plaide pour un "sursaut européen".

(Emmanuel Jarry, édité par Myriam Rivet)

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