Le déconfinement? Ces soignants ne veulent pas en entendre parler

Anthony Berthelier
Pourquoi ces soignants ne veulent pas entendre parler du

POLITIQUE - “Mais le confinement n’est pas déjà prolongé jusqu’à la fin avril?” Officiellement, la réponse est non. Mais la question, que nous pose une infirmière travaillant dans un hôpital parisien, montre à quel point le personnel soignant est à la tâche, loin du calendrier politico-sanitaire décidé par le gouvernement et des polémiques qu’il entraîne. 

Car depuis plusieurs jours, la question de la sortie du confinement et du “monde d’après”l’épidémie de coronavirus semble être sur toutes les lèvres. À commencer par celles d’Édouard Philippe qui a été précurseur en la matière, évoquant mercredi 1er avril, lors de son audition devant la mission d’information de l’Assemblée nationale, un “déconfinement progressif.” Et ce, sous la pression d’une opposition politique qui accuse désormais le Premier ministre de mettre la charrue avant les bœufs.

Les soignants, eux, sont plus constants dans leurs critiques et beaucoup s’inquiètent effectivement d’un timing qui ne serait pas le bon.

“Tous à bout”

Difficile pour ces professionnels de planifier un retour à la normale, alors qu’ils sont quotidiennement confrontés aux ravages de l’épidémie de coronavirus.“Le rythme est très tendu, on est crevé. On se dit qu’on pourra encore tenir deux semaines dans cette situation, mais si c’est un mois... on sera tous à bout”, prévient Marie* (prénom d’emprunt), infirmière dans un hôpital parisien au HuffPost

Pour elle, aucun doute, la question “de l’après” est “beaucoup trop prématurée.” D’un point de vue sanitaire déjà puisque l’épidémie continue de s’étendre en France et que les premiers effets de la restriction des déplacements se font tout juste sentir. “En Île-de-France et dans d’autres régions, le confinement porte à peine ses fruits. C’est hyperléger et on reste utra-prudent”, nous explique Marie, pour qui le personnel médical “ne pourra pas tenir” en cas de relâchement prématuré.

Mais pour certains soignants, le simple fait de poser la question et d’envisager la sortie de crise...

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