Le mois sans supermarché : ils se sont lancés dans l'aventure !

Vous pensez qu’il est impossible de se passer des supermarchés pour faire les courses ? En participant à l’opération Février sans supermarché, une poignée de Suisses et de Français remettent en cause cette idée reçue. Rencontre avec deux d’entre eux, Marie-Anna et Lily qui nous racontent comment elles se sont débrouillées.

Crédit Getty

Remettre en question ses habitudes de consommation, c’est le but poursuivi par de nombreux participants au Février sans supermarché, un défi initié par une habitante de Neuchâtel en Suisse, et aujourd’hui suivi par de plus en plus de Français grâce au relai du site écologique En vert et contre tout. Lily, du blog Experiences de transition, qui a relevé le défi pour la première fois en 2016 affirme avoir ainsi découvert “de nouveaux magasins et de meilleurs produits”. En effet, se passer de supermarchés oblige à s’approvisionner dans des épiceries, des magasins vrac ou encore sur les marchés et autres commerces de circuits courts. Une façon de favoriser l’économie locale, de créer du lien, mais aussi de choisir des produits plus sains, de saison et souvent plus locaux.

Le faux problème du budget

Mais ne risque-t-on pas de faire exploser son budget, comme beaucoup le redoutent ? “Pas si on accepte de consommer autrement”, affirme Marie-Anna, adepte du zéro déchet et du Février sans supermarché. “Au supermarché, il y a beaucoup de quantité et on se laisse aussi tenter par le marketing, ce qui fait que parfois le frigo est plein en rentrant mais on ne sait pas quoi faire à manger”, explique celle qui a appris à n’acheter que ce dont elle a besoin, en “suivant [s]a liste de courses”. Même discours chez l’auteur.e du blog Les filles aux fourneaux, qui affirme que son “budget alimentation + hygiène + entretien + fournitures scolaires n’a pas augmenté” depuis qu’elle ne fait plus ses courses au supermarché.

Crédit Getty

S’il est possible de s’y retrouver financièrement, encore faut-il réussir à trouver tous les produits qui nous sont nécessaires. “Les pâtes, le riz, les sauces tomates, etc sont souvent très chers ou introuvables en magasin de producteur ou bio”, admet volontiers Lily. Et à cette difficulté s’ajoute celle de l’organisation : là où le supermarché permet de faire le plein de produits de tous types en quelques minutes, les commerces de circuits courts sont souvent un peu plus spécialisés. Tout cela demande une organisation minutieuse que Marie-Anna a fini par trouver : “j’achète par exemple du riz de Camargue que je ne trouve que dans un seul magasin. Pour gagner du temps, je n’y vais qu’une fois par mois environ mais j’en achète en grande quantité”. “Il faut trouver les magasins qui nous conviennent, et bien se renseigner sur leurs horaires pour ne pas se retrouver en panne”, ajoute la maman parisienne qui doit pour cela accepter d’y consacrer un peu de temps.

Un défi qu’il est possible d’adapter

Le temps, c’est bien ce qui a aussi posé problème à Lily lors de son expérience de février 2016. La jeune femme avoue avoir “craqué deux fois” durant le mois, “une fois parce qu’elle voulait faire un gâteau d’anniversaire et qu’elle avait peu de temps” et une seconde fois car elle est “sortie trop tard du bureau et que les boulangeries étaient fermées”. Conscients de la difficulté de renoncer radicalement au confort offert par les grandes surfaces, les initiateurs de l’opération invitent à ne pas se mettre la pression : “N’hésitez pas à adapter le défi à votre famille et votre rythme de vie en choisissant une catégorie de produits que vous n’achèterez que chez des petits commerçants, la viande par exemple ou les fruits et légumes…” peut-on lire sur la page facebook officielle de l’événement. L’important étant comme ils le rappellent de “saisir l’occasion de se questionner sur nos principes et nos réflexes de consommation”…

Wassila Djellouli