Le marché français de la mode progresse pour la 1ère fois depuis 10 ans

par Pascale Denis
Le marché français de la mode s'apprête à enregistrer en 2017 sa première année de croissance depuis dix ans, porté par l'amélioration de l'environnement économique et une météo plus favorable aux achats de vêtements. /Photo prise le 4 décembre 2017/REUTERS/Pascal Rossignol

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Le marché français de la mode s'apprête à enregistrer en 2017 sa première année de croissance depuis dix ans, porté par l'amélioration de l'environnement économique et une météo plus favorable aux achats de vêtements.

En hausse de 0,2% à la fin octobre, avec une progression marquée pour l'habillement de l'enfant (+3,0%), les ventes de prêt-à-porter devraient se maintenir à ce niveau pour l'ensemble de l'année, selon les prévisions de l'Institut français de la mode (IFM) publiées jeudi.

Plombé par la crise de 2008, le marché de la mode et du textile a reculé d'environ 14% depuis son sommet de 2007.

"C'est positif mais néanmoins fragile", a déclaré jeudi Gildas Minvielle, directeur de l'observatoire économique de l'IFM, lors de la présentation des perspectives 2018 de l'institut.

Cette relative résistance s'explique par une amélioration de l'économie française et du moral des ménages. La croissance devrait en effet atteindre 1,8% en 2017, son plus haut niveau depuis 2011, et devrait maintenir ce rythme l'an prochain, selon les prévisions de l'Insee.

Très sensible aux évolutions de la météo, la mode a également profité d'un été chaud, propice aux achats d'été.

En Europe, les tendances sont contrastées, avec une forte reprise attendue au Royaume-Uni (+5,2%) et une accélération en Espagne (+3,8%), tandis que la baisse devrait se poursuivre en Allemagne (-2,0%) ainsi qu'en Italie (-1,8%).


PEU DE BASCULE VERS LES APPROVISIONNEMENTS COURTS

Pour 2018, l'IFM table sur une hausse du marché français d'environ 0,4%, une prévision qui se veut "prudente pour cause de manque de visibilité sur l'environnement économique".

Par ailleurs, une étude menée par l'IFM met en lumière la volonté des distributeurs français de recourir à des approvisionnements plus proches au plan géographique, comme l'Europe de l'Est et le bassin méditerranéen.

Mais ce souhait, guidé par la multiplication du nombre des collections et la nécessité d'éviter les stocks d'invendus, est encore loin de se traduire largement dans les faits.

"Le passage à l'acte ne s'est pas encore massivement opéré car il nécessite des changements de mode d'organisation que toutes les structures d'entreprises ne peuvent pas opérer."

En France comme dans l'Union européenne, les grandes enseignes de mode comme Kiabi (famille Mulliez, propriétaire d'Auchan), première enseigne d'habillement de l'Hexagone, l'espagnole Zara ou la suédoise H&M continuent de sous-traiter la majorité de leur production en Asie.

Si la Chine reste de loin le premier fournisseur de la filière (33,8% des importations d'habillement de l'Union européenne), sa part continue de baisser au profit d'autres pays asiatiques (42,6%) dont les coûts sont plus compétitifs comme l'Inde, le Bangladesh, le Cambodge ou le Vietnam.

La Chine est toutefois devenue le fournisseur incontournable de la filière pour les matières premières qu'elle exporte vers d'autres pays d'Asie, a précisé Gildas Minvielle.

Toujours au beau fixe, les exportations françaises d'habillement, qui enregistrent une croissance de 5% par an depuis 2010, devraient atteindre 9,3 milliards d'euros en 2017.

Le marché français de la mode et du textile totalise un peu moins de 30 milliards d'euros.


(Edité par Dominique Rodriguez)

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