L'aide à la reconstruction de l'Irak bien inférieure aux attentes de Bagdad

Le cheikh Sabah al-Ahmed al-Jabir al-Sabah, actuel émir du Koweït. Les alliés de l'Irak se sont engagés mercredi à prêter 30 milliards de dollars dans le cadre des efforts de reconstruction du pays, bien en deçà du montant attendu par Bagdad. Etats, entreprises et investisseurs étaient réunis pendant trois jours à Koweït pour une conférence internationale en faveur de la reconstruction de l'Irak. /Photo d'archives/REUTERS/Mohammad Hamed

KOWEIT (Reuters) - Les alliés de l'Irak se sont engagés mercredi à prêter 30 milliards de dollars dans le cadre des efforts de reconstruction du pays, bien en deçà du montant attendu par Bagdad.

Etats, entreprises et investisseurs étaient réunis pendant trois jours à Koweït pour une conférence internationale en faveur de la reconstruction de l'Irak, ravagé par des années de guerre, dont les trois dernières contre le groupe Etat islamique.

Cette guerre contre le groupe djihadiste a fait 18.000 morts et 36.000 blessés, a déclaré le chef de la diplomatie irakienne Ibrahim al Djafari.

"Les résultats de l'élan mondial des investisseurs pour contribuer à la reconstruction de l'Irak ont atteint 30 milliards de dollars", a dit en conférence de presse son homologue koweïtien Cheikh Sabah al Khalid al Sabah.

Le gouvernement irakien avait fait savoir qu'il avait besoin de 88 milliards de dollars (72 milliards d'euros).

Les Etats-Unis ont annoncé mardi par la voix du secrétaire d'Etat Rex Tillerson qu'ils allaient ouvrir pour le gouvernement de Bagdad une ligne de crédit de trois milliards de dollars (2,43 milliards d''euros).

L'Arabie saoudite va débloquer un milliard de dollars via son fonds pour le développement et 500 millions de dollars en crédits à l'exportation, a dit son ministre des Affaires étrangères Abel Jubeir.

Le Koweït va prêter un milliard de dollars (807 millions d'euros) à l'Irak et y investir un autre milliard dans le cadre des efforts de reconstruction du pays.

Le Qatar a consenti des prêts et des investissements d'un milliard de dollars, contre 500 millions de dollars pour les Emirats arabes unis, mais ces derniers vont investir 5,5 milliards de dollars dans le secteur privé.

Ankara va fournir cinq milliards de dollars en ligne de crédit.


L'IRAK DOIT ENCORE 4,6 MILLIARDS DE DOLLARS AU KOWEÏT

L'Union européenne, elle, va fournir une aide de 400 millions d'euros, à laquelle il faudra ajouter les contributions individuelles des Etats membres, a annoncé mercredi la responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

L'Allemagne s'est par exemple engagée à contribuer à hauteur de 350 millions d'euros. L'Italie a pour sa part prévu de fournir 260 millions d'euros en prêts à taux zéro, alors que les Britanniques ont pour leur part promis de verser un milliard de dollars par an pendant dix ans.

Les Nations unies ont lancé mercredi un programme sur deux ans, appelé "Reprise et Résilience", afin d'aider le gouvernement irakien à accélérer la dimension sociale de la reconstruction.

"Il permettra de dynamiser les zones à risque et d'appuyer la participation politique et inclusive du développement social", a dit le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres.

A la fin de la première guerre du Golfe, l'Irak a été condamné à payer des réparations au Koweït, qu'il avait envahi en août 1990. Mais le début des combats contre l'EI en 2014 a mis en suspens les paiements du tribut de guerre.

La menace étant maintenant écartée, Bagdad doit encore rembourser 4,6 milliards de dollars au Koweït, en fournissant 0,5% de ses recettes pétrolières en 2018, un pourcentage qui augmentera chaque année jusqu'en 2021.


(Maher Chmaytelli et Ahmed Hagagy, Gilles Trequesser et Arthur Connan pour le service français)