"Le jeu de la dame" sur Netflix: un pro des échecs nous donne son avis

Lisa Kassab
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Elizabeth Harmon, le personnage principal dans la série.  (Photo: Netflix)
Elizabeth Harmon, le personnage principal dans la série. (Photo: Netflix)

SÉRIE - Elizabeth Harmon est une prodige des échecs qui passionne les abonnés Netflix. Héroïne dans la série “Le jeu de la dame”, disponible sur la plateforme depuis le 23 octobre et toujours dans le top 10 en France, elle est incarnée par l’actrice Anya Taylor-Joy.

Combinaisons de maîtres, parties d’échecs à 1 contre 15 et tournois internationaux... La série raconte l’histoire d’une jeune prodige du jeu, Elizabeth Harmon, dans les années 60 aux Etats-Unis. C’est dans l’orphelinat où elle est placée à l’âge de 8 ans que la petite fille apprend à jouer avec le gardien, Monsieur Shaibel. Très vite, Elizabeth développe un haut niveau et affronte petit à petit les plus grands joueurs, s’imposant dans un monde quasi exclusivement réservé aux hommes à l’époque.

Contacté par Le Huffpost, Romuald De Labaca, ancien joueur de niveau national, aujourd’hui directeur et entraîneur de Cannes Echecs, a vu la série et nous livre son avis.

  • Des parties d’échecs à 1 contre 15 réalistes?

“La série colle à la réalité. L’actrice en revanche ne sait pas jouer aux échecs et a appris les mouvements des joueurs pour bien manier les pièces et reproduire les combinaisons, affirme Romuald De Labaca. Garry Kasparov, le champion russe et Bruce Pandolfini, un entraineur américain, ont conseillé les créateurs de la série pour que les scènes soient réalistes”.

Certaines scènes, qui peuvent paraitre impressionnantes pour une personne qui n’a jamais joué aux échecs de sa vie, se déroulent vraiment dans des tournois ou lors d’entrainements. Dans le deuxième épisode de la série, Elizabeth affronte les élèves d’un club d’échecs. Elle se retrouve donc seule face à une dizaine de garçons.

“Il s’agit d’une simultanée, c’est fréquent de jouer contre plusieurs personnes. Des fois cela peut monter jusqu’à 40 adversaires. Des jeunes de 14 ans peuvent affronter des joueurs de 40 ans”, explique Romuald De Labaca.

  • Les blitz et leur allure éclair

La série plonge directement le spectateur dans l’univers des échecs qui ignore tout de ce domaine. Il y découvre le blitz (qui signifie éclair en allemand), une partie qui dure maximum 5 minutes voire moins. Une attention, une concentration et une vitesse extrêmes sont requises pour y jouer.

“Cela dure maximum 5 minutes et cela peut descendre à 2 minutes. Les parties blitz étaient de l’ordre du divertissement, car elles étaient rapides, mais maintenant elles se jouent en compétition. Elles sont assez populaires chez les jeunes joueurs”, affirme l’entraineur de 42 ans.

  • La défense sicilienne, une technique de crac?

Les personnes néophytes qui découvrent la série ou qui se sont récemment initiées aux échecs peuvent découvrir de nouvelles techniques de jeu comme la défense sicilienne. Une ouverture de jeu très souvent utilisée par Elizabeth Harmon. “Il s’agit d’une ouverture connue, jouée par les grands joueurs. Elle assure un début de partie fiable et un coup correct”, explique Romuald De Labaca.

  • La visualisation des combinaisons et des coups

Tout au long de la série, Elizabeth visualise le plateau d’échiquier et les pièces afin de savoir quels combinaisons et calculs elle doit utiliser pour gagner sa partie.

“Les joueurs visualisent leur partie mentalement, ils anticipent tout et font beaucoup de calculs et de combinaisons. Ils peuvent préparer jusqu’à 10 coups à l’avance. Ils visualisent sans cesse, c’est omniprésent pour eux”, affirme le directeur du club.

  • Un milieu sans femme?

Si Beth Harmon s’impose dans le milieu des échecs, ce n’était pas le cas des femmes dans les années 1960, car malheureusement ce jeu était pratiqué par des hommes. “Il y a toujours moins de femmes, parmi 400 joueurs il y a 60 femmes. Il y a des championnats du monde pour les hommes et pour les femmes, mais aussi des mixtes, et beaucoup de joueurs prônent la mixité”, explique Romuald De Labaca.

De nos jours les femmes ont réussi à se faire une place dans ce sport cérébral. La joueuse française Marie Sebag est grand maître international féminin et grand maître international. La Hongroise Judit Polgár a de son côté joué dans le top 10 mondial mixte.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.