Le gouvernement tchèque va démissionner en bloc

Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka (photo), a annoncé mardi sa démission et celle de l'ensemble de son gouvernement en raison de divergences avec son ministre des Finances, Andrej Babis. /Photo prise le 3 avril 2017/REUTERS/Hannibal Hanschke

PRAGUE (Reuters) - Le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a annoncé mardi sa démission et celle de l'ensemble de son gouvernement en raison de divergences irréconciliables avec son ministre des Finances, Andrej Babis.

Cette démission en bloc pourrait conduire à la formation d'un nouveau gouvernement soutenu par la coalition de centre-gauche actuellement au pouvoir, mais sans Andrej Babis, ou à l'organisation d'élections législatives anticipées.

Bohuslav Sobotka a sommé son ministre des Finances, un richissime homme d'affaires, de s'expliquer sur des opérations financières passées, notamment sur l'éventuelle exploitation de vides juridiques pour effectuer des transactions échappant au fisc. Andrej Babis assure de son côté n'avoir commis aucune malversation.

Andrej Babis a bâti Agrofert, la plus grande entreprise non cotée du pays. Il l'a transférée dans un trust en début d'année pour se conformer à la législation entourant les conflits d'intérêts.

La justice tchèque s'interroge également sur le versement de subventions européennes à une société acquise par Andrej Babis.

"Je ne puis, comme Premier ministre, assumer plus longtemps la responsabilité d'une situation dans laquelle une personne au passé flou est ministre des Finances", a déclaré Bohuslav Sobotka à la presse.

"C'est la raison pour laquelle je choisis la seule solution raisonnable qui est celle d'une démission du gouvernement."

Beaucoup d'observateurs s'attendaient à ce que Bohuslav Sobotka limoge son ministre des Finances et maintienne intact le reste de son gouvernement, mais le chef de l'exécutif tchèque a jugé qu'une telle solution ferait d'Andrej Babis un martyr.

Selon l'agence de presse CTK, Andrej Babis s'est dit "surpris" de la décision du Premier ministre et a estimé que la meilleure solution serait que le gouvernement, "l'un des plus performants depuis la révolution de 1989", reste en place jusqu'aux élections prévues en octobre, même après avoir démissionné.

Le parti centriste ANO d'Andrej Babis devance les sociaux-démocrates de plus de dix points dans la plupart des sondages d'opinion.

La démission de Bohuslav Sobotka laisse l'initiative au président Milos Zeman, qui peut désigner un nouveau Premier ministre. Faute d'accord au Parlement, il pourra convoquer des législatives anticipées ou maintenir le gouvernement jusqu'au 20 octobre, date de fin de la mandature actuelle.

(Bureau de Prague, Nicolas Delame pour le service français)

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