Le coronavirus donne à Trump un avantage inattendu sur Biden

Maxime Bourdeau
Le coronavirus donne à Trump un avantage inattendu sur Biden (Photo: MAXIME BOURDEAU/LE HUFFPOST avec Getty Images)

PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE - L’arrivée du coronavirus aux États-Unis a braqué depuis le mois de mars toutes les caméras sur Donald Trump et sa gestion d’une crise sanitaire et économique sans précédent.

Résultat, le président s’attire quasi quotidiennement un tsunami de critiques sur ses débordements dans des tweets rageurs ou pendant des conférences de presse déconcertantes. Une bien mauvaise publicité à moins de six mois de l’élection présidentielle?

Peut-être, mais il pourrait y avoir pire: l’absence totale de publicité. Face au trou noir médiatique qu’incarne le président républicain au beau milieu de l’épidémie de Covid-19, il ne reste en effet pas un brin de lumière pour Joe Biden, son adversaire démocrate qui rêve de l’emporter le 3 novembre 2020, mais qui peine de plus en plus à se faire entendre. 

Donald Trump omniprésent

Donald Trump est partout. En plus d’être à la télévision tous les jours depuis près de deux mois avec sa conférence de presse sur l’évolution du coronavirus sur le territoire américain, le président a désormais l’avantage sur le terrain. Comme il l’a expliqué à ses équipes, il veut reprendre la route pour plaider pour un allègement du confinement et relancer l’économie. 

Le républicain a donc recommencé à se déplacer le 5 mai, en visitant -sans masque malgré les consignes- une usine de masques de Phoenix dans l’Arizona (vidéo ci-dessous). Ce jeudi 14 mai, il s’est rendu en Pennsylvanie dans un centre de distribution de protections pour les personnels médicaux. Une nouvelle fois sans masque et critiquant les mesures de quarantaine imposées localement. 

 

Un discours décuplé par ces déplacements sans protection contre le coronavirus et qui semble plaire à ses soutiens. Le lendemain de son passage dans l’État, quelques centaines de personnes se sont rassemblées -pour la plupart sans masque et sans respecter la distanciation sociale- dans la capitale Harrisburg pour dénoncer les restrictions d’activités imposées par le gouverneur démocrate Tom Wolf, restrictions jugées excessives. Parmi les manifestants, beaucoup de partisans de Trump, brandissant des drapeaux américains et d’autres appelant à sa réélection lors de la présidentielle.

Des images qui se répètent et se partagent en masse. Chez les soutiens de Trump, comme chez ses opposants pour critiquer un comportement qui va à l’encontre des recommandations sanitaires actuelles. Le résultat est au final le même: Trump, ses soutiens ou son message sont omniprésents. 

Joe Biden “dans sa cave”

Pendant ce temps-là, Joe Biden est tout bonnement invisible. L’ancien vice-président a bien réussi le 1er mai à brièvement occuper l’espace médiatique, mais il a fallu pour cela qu’il se décide à enfin aborder, et nier, l’accusation d’agression sexuelle qui le vise.

Depuis cette séquence, le démocrate qui ne s’exprime que par conférence en ligne depuis le sous-sol de sa maison du Delaware est retourné dans la pénombre. “Dans sa cave”, comme s’en est amusé Donald Trump le 8 mai sur Fox News, expliquant qu’il avait hâte de voir son adversaire sortir de chez lui pour l’affronter.

Le président a même proposé de fournir à Biden une machine de test rapide au Covid-19, la même que lui et tout son personnel proche de la Maison Blanche utilisent quotidiennement... et qui lui permet de se montrer sans masque vu qu’il assure n’être pas contaminé. La même machine qui est aussi actuellement au coeur d’une polémique sur la fiabilité de ses résultats.

Une task force Sanders/Biden à la rescousse

Mais pour l’heure, Joe Biden veut “respecter les règles” et joue le jeu du confinement pour montrer que, lui, prend la situation au sérieux. “J’aime rencontrer du monde, mais j’essaie de montrer l’exemple”. Une posture qui, espère-t-il, lui donnera l’avantage sur Trump, mais que peu d’électeurs voient passer. Rarement à la télévision aux heures de grande écoute, ce n’est pas sur les réseaux sociaux que le démocrate risque de se rattraper ni avec ses interventions très statiques, ni avec ses 5,4 millions d’abonnés Twitter qui ne font pas le poids face aux 78,9 millions que compte Trump. 

Sentant le vent tourner, Biden semble cependant bien décidé à mettre les bouchées doubles. Il a d’une part annoncé qu’il multipliait par deux les effectifs de sa sphère numérique, qui tournait autour de 25 personnes pendant la primaire démocrate. Les nouvelles recrues ont travaillé auparavant pour d’ex-candidats démocrates à la forte présence en ligne: Beto O’Rourke, Kamala Harris, Elizabeth Warren... 

Le candidat mise aussi sur d’autres figures du parti qui, elles, savent attirer les foules. Alexandria Ocasio-Cortez, très populaire chez les jeunes électeurs et les démocrates plus progressistes, a notamment été nommée ce mercredi, avec d’autres personnalités, à la tête des “Biden-Sanders Unity Task Forces”, des équipes chargées de travailler sur plusieurs grands sujets (réchauffement climatique, éducation, santé...) afin de rassembler les soutiens de Bernie Sanders et les modérés autour de Joe Biden.  

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