L'Azerbaïdjan convoiterait l'extrême sud de l'Arménie

Par Ian Hamel, à Goris (Arménie)
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Drone tombé près de Meghri, une petite bourgade à l’extrême sud de l’Arménie, juste à côté de la frontière iranienne.
Drone tombé près de Meghri, une petite bourgade à l’extrême sud de l’Arménie, juste à côté de la frontière iranienne.

La semaine dernière, une déclaration d'Ararat Mirzoyan, le président de l'Assemblée nationale d'Arménie, est passée pratiquement inaperçue. Il déclarait que les véritables motivations de l'Azerbaïdjan n'étaient pas seulement de prendre le Haut-Karabakh, mais bien d'« éliminer l'Arménie de la carte politique ». Il ajoutait aussitôt : « Si nous abandonnons l'Artsakh [Haut-Karabakh, NDLR], nous abandonnerons Meghri, et ensuite Erevan. » Pourquoi ce proche du Premier ministre Nikol Pachinian ? qui a joué un rôle déterminant dans la « révolution » arménienne de 2018 ? cite-t-il ainsi le petit bourg de Meghri (moins de 5 000 habitants), à l'extrême sud de l'Arménie, aux confins de l'Iran ?

C'est que l'Azerbaïdjan n'a jamais fait mystère de sa volonté d'accaparer le « passage de Meghri », une bande large de dix kilomètres, qui lui permettrait de relier son territoire au Nakhitchevan, une petite république autonome de 400 000 habitants, grande comme un département français et peuplée d'Azéris. Pour tenter de mieux comprendre le conflit qui oppose Bakou et Erevan, il faut d'abord déplier une carte de géographie. Historiquement, le Nakhitchevan se rattache à l'Arménie (selon des références bibliques, Noé après le déluge s'y serait rendu). Le territoire est annexé par la Russie en 1828. Mais en 1921, les communistes le rattachent à l'Azerbaïdjan, alors que près de la moitié de la population est arménienne. Au nom de l'éternel dicton : diviser pour mieux régner.

Pas de [...] Lire la suite