Lavrov appelle à "désoccidentaliser" l'ONU et accuse l'Otan d'avoir "utilisé l'Ukraine pour irriter" la Russie

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Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, le 26 avril 2022.  - BFMTV
Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, le 26 avril 2022. - BFMTV

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Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a reçu ce mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à Moscou. Les deux hommes ont tenu dans la foulée une conférence de presse conjointe.

À l'ordre du jour, la guerre en Ukraine et l'établissement de couloirs humanitaires afin d'évacuer les populations vivant dans les régions touchées par le conflit. Sergueï Lavrov a aussi abordé des sujets moins attendus. Retrouvant presque les accents internationalistes et décolonialistes de l'Union soviétique, il a en effet plaidé pour "désoccidentaliser" l'ONU et "refondre" l'ensemble de la communauté internationale.

"Les Américains veulent éterniser le monde bipolaire"

Voyant dans le rapport de forces au sein des institutions mondiales l'un des piliers de la domination américaine et un facteur de l'isolement de son pays sur la scène internationale, le ministre russe a ainsi lancé: "Le monde a changé, c’est un fait, or les Américains veulent éterniser le monde unipolaire. Mais c’est une ère révolue. Il faut justement réformer les Nations unies dans l’autre sens. Il faut les désoccidentaliser."

"Il faut plus de parité, de voix pour les continents asiatique et africain", a-t-il prolongé, évoquant la composition du Conseil de sécurité de l'ONU. Parmi les membres permanents de ce comité restreint, la seule nation non-européenne ou américaine est la Chine. "Nous avons souvent évoqué la place de l’Inde ou du Brésil mais il faut aussi évoquer la candidature africaine", a milité Sergueï Lavrov.

Il a poursuivi: "Nous sommes prêts à travailler à la refonte des institutions toujours sur la base d’un consensus. Car on voit comme ces choses peuvent dériver, et les voix s’accumuler dans l’intérêt de certains Etats – et notamment des Etats-Unis."

Selon Lavrov, l'Otan a "utilisé" l'Ukraine

Et la Russie n'en a pas qu'après les Nations unies. Sergueï Lavrov a livré une nouvelle fois la version russe de la genèse de l'invasion de l'Ukraine, fustigeant l'attitude de l'Otan: "Le contexte décisif était la ligne adoptée par les Etats-Unis et l’Otan, celle d’un élargissement sans limite, sans borne de l’Otan, ce qui a constitué une menace pour contenir la Russie."

Pointant un impérialisme occidental à travers l'Otan, le ministre des Affaires étrangères du Kremlin a même accusé cette dernière d'avoir instrumentalisé l'Ukraine. "Les membres de l’Alliance atlantique ont utilisé l’Ukraine comme un terrain pour irriter la Russie, lutter contre la culture russe, par exemple en luttant contre les droits des russophones, contre des intérêts russes et en confortant l’idéologie et les pratiques nazies (que le discours officiel de la Russie ne cesse d'attribuer à l'Ukraine, NDLR)", a-t-il en effet avancé.

Article original publié sur BFMTV.com

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