Le lavage de cerveau et l'exploitation de la génération Y dans les start-ups, je l'ai vécu pendant 4 ans et j'ai choisi de le raconter

C'est à vingt-trois ans, en 2011, lorsque je suis arrivée à Berlin, que j'ai pénétré un peu malgré moi dans l'univers merveilleux des start-ups. J'ai travaillé pour une douzaine d'entre elles pendant près de quatre ans. Dans mon livre "Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j'ai survécu à la coolitude des start-ups" (lire l'extrait en fin de tribune), je dévoile leur idéologie "totalitaire", leur langage qui s'assimile à de la propagande, et dénonce ainsi le lavage de cerveau de ceux qui y travaillent trop longtemps -des jeunes de la génération Y pour la plupart. Ceux qui vivent une nouvelle forme de précarité qui ne dit pas son nom. Ceux à qui l'on fait croire que Google et Facebook sont les nouveaux messies, la Silicon Valley une Mecque ultra-désirable et les start-ups, les agents d'une nouvelle révolution. Le monde n'est pourtant pas meilleur depuis.

Nous sommes en pleine campagne présidentielle et il est plus que jamais nécessaire d'enlever les lunettes roses, d'ouvrir les yeux sur la réalité qui se cache derrière ce nouveau rêve californien désormais mondialisé. Dans les médias, je ne vois jamais de contre-discours. On n'entend jamais les petites mains qui souffrent en coulisse. La start-up idéale, valorisée à plus d'un milliard de dollars, est d'ailleurs nommée "licorne", preuve de plus s'il en fallait qu'il s'agit bel et bien d'un fantasme. Avec le "pacte numérique" notamment, le gouvernement veut faire de la France une "start-up nation", on se donne pour but d'égaler les GAFA... Un vœu bien héroïque! On met les start-ups et leurs PDG sur un piédestal alors que 90% de ces entreprises échouent1 et qu'on ne s'intéresse pas aux petites mains qui œuvrent loin du feu des projecteurs. Certes, j'ai travaillé en Allemagne, où le code du travail n'est pas le même qu'en France, mais dans l'Hexagone, nous ne sommes pas à l'abri des CDD à répétition, des contrats précaires, des emplois déguisés sous des stages... La législation n'est que le terreau du phénomène,...

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