L'Autriche veut être exemptée de l'accueil des migrants

L'Autriche va demander à être exemptée de l'accueil de migrants dans le cadre de la répartition des réfugiés entre les pays de l'Union européenne, a annoncé le chancelier autrichien Christian Kern à l'issue d'un conseil des ministres mardi. /Photo prise le 20 mars 2017/REUTERS/Antonio Parrinello

VIENNE (Reuters) - L'Autriche souhaite être exemptée de l'accueil de migrants dans le cadre de la répartition des réfugiés entre les pays de l'Union européenne, a déclaré mardi le chancelier Christian Kern.

"Nous estimons qu'une exception est nécessaire pour l'Autriche qui a déjà rempli ses obligations. Nous allons discuter de cela avec la Commission européenne", a dit le chef du gouvernement autrichien à l'issue d'un conseil des ministres.

"Nous allons envoyer un courrier dès que possible et ensuite entamer des discussions", a-t-il ajouté.

Ces déclarations constituent un nouveau coup porté au système de répartition des migrants en Europe dont la mise en oeuvre est entravée par l'opposition de plusieurs pays, comme la Pologne ou la Hongrie.

Cette démarche de l'Autriche coïncide avec la prise de mesures par le gouvernement centriste visant à renforcer la sécurité et les règles migratoires dans le pays. La crise des migrants en 2015 s'était traduite par une forte poussée du Parti de la liberté (extrême droite) dans les sondages.

Moins de 14.500 demandeurs d'asile ont été transférés de Grèce ou d'Italie vers l'Autriche qui avait vu arriver quelque 90.000 réfugiés, soit environ 1% de sa population, en 2015.

"Nous pensons que les personnes concernées ont déjà fait des demandes d'asile ou qu'elles sont arrivées en Italie ou en Grèce", a expliqué Christian Kern. "Nous allons vérifier si nous avons déjà atteint notre quota et rempli nos obligations".

A Bruxelles, la Commission européenne a fait savoir que la période d'exemption accordée à l'Autriche était arrivée à son terme. "L'Autriche doit désormais respecter ses obligations (...) et reprendre l'accueil" de réfugiés, a dit la porte-parole de la Commission, Natasha Bertaud.

(Francois Murphy, avec Waverly Colville à Bruxelles, Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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