Publicité

Laurie Peret, le stand-up musical "de meuf à meuf" mais pas que

L'humoriste française Laurie Peret à Paris le 1er février 2024 (JOEL SAGET)
L'humoriste française Laurie Peret à Paris le 1er février 2024 (JOEL SAGET)

Elle s'est fait connaître en 2018 avec un sketch trash sur l'accouchement. Six ans plus tard, la renommée en plus, Laurie Peret est de retour sur scène avec un spectacle chanté, toujours aussi cru, de "meuf à meuf" mais pas que.

D'emblée, elle met les choses au clair. "À bientôt quelque part", son spectacle qui se joue depuis mi-janvier à Paris, avant une tournée partout en France en avril, est interdit aux "enfants".

Serait-ce le ton (sans filtre) et le langage (peu châtié) qui motive cet avertissement ? Quoi qu'il en soit, pas de quoi offusquer la salle ce soir-là, majoritairement composée de femmes mais aussi de couples.

S'ensuit presque une heure trente d'un show vitaminé, entrecoupé de musique - elle chante accompagnée d'un mini-piano électrique - où elle se met à nu. "J'ai 40 ans, je suis bien dans ma vie, je m'embourgeoise même. J'avais envie de raconter tout ça", dit-elle dans un entretien à l'AFP.

- "Pas être décevante" -

Rire franc, bonne humeur contagieuse, on pourrait croire qu'elle en est à son dixième spectacle. C'est pourtant son deuxième, après un seule-en-scène intitulé "Spectacle alimentaire, en attendant la pension". Dans ce succès surprise qui s'est clos en 2022 (et disponible sur Amazon Prime Vidéo), elle racontait sa vie de mère célibataire.

De ce premier spectacle, elle a tiré un ouvrage qui livre, avec dérision, ses "petits conseils" éducatifs aux parents à bout de souffle.

"J'ai eu très peur de revenir", confie-t-elle. "Le premier, j'étais l'outsider, c'était fastoche: ça marche ou ça marche pas. Mais le deuxième, il y a des attentes donc faut pas être décevante. Forcément, ça met la pression".

L'humoriste qui a grandi à Trappes, en banlieue parisienne, s'est fait connaître en 2018 grâce à "1, 2, 3", un sketch cru et chantant sur l'envers du décor de l'accouchement. Il a réuni plus d'un million de vues sur YouTube.

À cette période, elle tente de percer en diffusant ses sketchs musicaux sur internet, tout en enchaînant des premières parties d'humoristes. Un gros travail "malgré les apparences", assure-t-elle.

Son parcours a été entamé un peu "par hasard" à l'âge de 15 ans au Déclic Théâtre, une compagnie locale qui forme à l'art de la scène et une de ses disciplines: l'improvisation.

"On pense à tort que tout est spontané, or il y a de vraies techniques à apprendre", souffle-t-elle.

- "Ecouter l'autre" -

De ces cours, elle retient des outils mais aussi une discipline: "Écouter l'autre, ça peut paraître bête mais c'est fondamental". "Comment répondre à une vanne si tu n'écoutes pas ?", demande-t-elle. C'est aussi là-bas que germent les thèmes de ses sketchs.

Sa marque de fabrique: le côté sans filtre assumé et une prédilection pour les thèmes féminins (règles, maternité... et dans son nouveau spectacle, les infections urinaires), quitte à prendre les hommes à partie en leur demandant, durant le spectacle, s'ils savent de quoi elle parle.

"Oui, j'assume un coté de meuf à meuf même si c'est pas exclusif", commente-t-elle.  "C'est féminin parce que je suis une femme mais je m'adresse à tout le monde, je n'exclus personne", poursuit-elle, disant ne pas être une "porte-parole".

Ces sujets ont pu être trop longtemps absents du monde du stand-up, souvent associé aux hommes. "Je ne pense pas que qu'on puisse dire que c'est un milieu plus sexiste qu'un autre. Et ça fait des années qu'on voit des artistes femmes porter ces sujets", assure-t-elle.

Autre élément phare de son identité scénique: son mini-piano avec lequel elle chante, soir après soir, elle qui se rêvait d'être chanteuse.

Pour autant, pas de frustration: "Je kiffe ce que je fais, je suis épanouie. D'ailleurs, je m'interdis rien. Ce spectacle sera peut-être mon dernier, on verra".

adm/hh/may/rhl