Avec Laurent Gbagbo, de retour à Abidjan

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Nous avons suivi l’ancien président de Côte d’Ivoire depuis Bruxelles jusqu’à Abidjan où ses partisans l’attendaient avec ferveur. En 2010, le socialiste Laurent Gbagbo contestait la victoire du libéral Alassane Ouattara. C’était le début d’une guerre de succession qui allait faire 3 000 victimes. Accusé d’être le coauteur de crimes contre l’humanité, il vient d’être acquitté par la Cour pénale internationale de La Haye. Au nom de la « réconciliation nationale », son rival l’a autorisé à revenir au pays. 

A l’intérieur du salon présidentiel de l’aéroport de Bruxelles, ce jeudi 17 juin, pas un bruit ou presque. Seul le pas pressé de Martine, la responsable VIP, annonce l’arrivée d’un revenant.

À dix heures moins cinq, précédé de sa compagne Nady Bamba, Laurent Gbagbo fait son entrée. Son regard ne s’attarde pas sur les lampes de décorateur ou le buffet offert aux voyageurs gourmands. À quelques heures de son retour à Abidjan, l’ex-président de la Côte d’Ivoire semble avancer comme au milieu d’un songe dont il est pressé de se réveiller : « Je m’étais déjà exilé pour des raisons politiques, mais dix ans ! C’est la première fois que je reste aussi longtemps loin de mon pays. » Nady, habillée d’une robe blanche, écoute discrètement. Tout comme Daniel Billaud, secrétaire national du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, au pouvoir de 2000 à 2011, avant que ne débute une crise électorale qui fit 3 000 morts en six mois.

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Avril 2011. La résidence du président de la Côte d’Ivoire est pilonnée par les hélicoptères français. La rébellion qui, depuis 2002, règne sur le nord du pays s’engouffre chez lui. Depuis sa chambre, le captif demande l’arrêt des hostilités. Puis il est emmené au QG de son adversaire, Alassane Ouattara, nouveau maître du pays. Désigné comme unique responsable des violences postélectorales, Laurent Gbagbo se retrouve en prison. À Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, puis à la Cour pénale internationale de La Haye, accusé d’être le coauteur indirect de crimes contre l’humanité. Aux yeux du monde, il est l’homme qui s’est accroché au pouvoir. Lui conteste la victoire de son adversaire à la(...)


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