Laurent Gbagbo comparaît devant la CPI

LA HAYE (AP) — Laurent Gbagbo, premier ex-chef d'Etat emprisonné par la Cour pénale internationale (CPI) depuis sa création, a comparu lundi matin pour la première fois devant la CPI, alors que ses avocats ont qualifié son arrestation et son transfert de "néocolonialisme" français.

Laurent Gbagbo, 66 ans, est apparu calme et souriant pour ses partisans présents dans la galerie publique, avant sa comparution de 25 minutes. Il est poursuivi pour "crimes contre l'humanité", pour meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, crimes présumés commis par ses partisans pour le maintenir au pouvoir.

S'exprimant en français, l'ancien président, qui avait été transféré dans la semaine dernière aux Pays-Bas, a prévenu les trois juges chargés de le juger qu'il souhaitait qu'on lui présente des preuves. "Je contesterai ces preuves et ainsi vous rendrez votre décision", a-t-il ajouté.

L'audition de lundi matin visait à confirmer l'identité de Laurent Gbagbo et s'assurer qu'il comprenait ses droits et les charges retenues contre lui.

L'ancien président ivoirien a également dénoncé son arrestation par des forces de l'opposition soutenue par les soldats français, rappelant que son fils a été battu et son ministre de l'Intérieur tué lors de l'opération. "J'étais le président de la République et la résidence du président de la République a été bombardée".

Quant à son transfert à la Haye, Laurent Gbagbo s'est dit "déçu". "Les choses auraient pu être faites de manière plus honnête".

La brève et brutale guerre qui a suivi l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire a coûté la vie à environ 3.000 personnes dans les deux camps. Laurent Gbagbo a refusé de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, déclaré vainqueur par l'ONU. AP

ljg/v343

Tout commentaire contraire à la réglementation en vigueur (et notamment tout commentaire à caractère raciste, antisémite ou diffamatoire) pourra donner lieu à la suppression de votre compte Yahoo
Le cas échéant, certains commentaires que vous postez pourront également donner lieu à des poursuites judiciaires à votre encontre.