Laura Rapp: “La justice broie les victimes de violences conjugales”

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Après cinq années de violences conjugales et une tentative d’homicide par son ex-conjoint, Laura Rapp n'imaginait pas que Twitter deviendrait son seul recours pour que la justice l’entende.  “Tweeter ou mourir” est son témoignage-choc, paru le 11 mars. Entretien avec une battante marquée au fer rouge.

A l’heure où seules 18% des victimes portent plainte et où les violences conjugales ont bondi de 60%, lors du dernier confinement, l’histoire de Laura est plus que jamais d’actualité. Dans "Tweeter ou mourir" (éd. Michalon), on embarque avec l'auteure, façon caméra à l’épaule, dans une lente descente aux enfers. D’abord avec Frédéric, son amoureux au double visage, qui l'a piégée dans l'enfer des violences. Puis avec le système judiciaire, dont les failles l'ont mises en danger avec sa fille. De ses années de combat, la jeune femme livre aujourd'hui un récit sans concession. Un plaidoyer pour les victimes de violences intrafamiliales et un vibrant appel à mieux les protéger. Entretien.

Paris Match. Dans la nuit du 16 au 17 avril 2018, vous avez vu la mort en face. Votre ex-conjoint a tenté de vous tuer, par strangulation, en présence de votre petite Alice, âgée de 2 ans. Vos voisins vous ont sauvée, in extremis. “Pourquoi n’êtes-vous pas partie plus tôt?”, cette question vous a été posée si souvent tout au long de votre parcours judiciaire…
Laura Rapp. J’étais paralysée par la peur. Qu’allait-il m’arriver si je portais plainte? Une nuit où il est rentré alcoolisé, on s’est disputé et il a jeté une bouteille d’eau à la figure d’Alice, qui s’est réveillée terrorisée et en pleurs. Quand je l’ai menacé d’appeler la police, j’ai vu son regard noir. Celui qu’il avait à chaque fois qu’il basculait dans la violence... J’avais l’impression de voir le diable. Terrorisée, j’ai appelé mes parents. Frédéric est devenu fou : il nous menaçait avec un club de golf, promettait de tuer mes parents s’ils venaient... J’ai cru que j’allais mourir avec ma fille. Cette nuit-là, j’ai eu le déclic. Mais l’agent de police m’a fait(...)


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