L'aube des cœurs artificiels

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C'est un nouvel espoir pour les patients victimes d'une insuffisance cardiaque en phase terminale : une assistance circulatoire mécanique qui remplace l'organe défaillant. Le "cœur Carmat" français vient d'avoir le feu vert pour être commercialisé. D'autres dispositifs existent.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n° 889 daté mars 2021.

Sept ans après sa première implantation chez l'humain, le cœur artificiel du constructeur français Carmat a obtenu fin 2020 le marquage CE (conformité européenne). Une étape réglementaire qui lui ouvre les portes de la commercialisation au cours de cette année. Il devra trouver sa place dans l'univers des assistances circulatoires mécaniques (ACM). Ils sont conçus pour prendre le relais du cœur, qui n'est rien d'autre qu'une pompe qui bat en permanence, 60 à 90 fois par minute au repos, soit 40 millions de fois par an.

Près de 250 patients sont concernés en France par an

Parfois, en cas d'insuffisance cardiaque sévère avancée, la pompe lâche : les deux ventricules ne parviennent plus à se contracter efficacement, et ne remplissent plus leurs rôles : pour le gauche, éjecter le sang oxygéné vers l'aorte ; pour le droit, propulser le sang appauvri en oxygène vers les poumons. Une affection fréquente et insuffisamment prise en charge en France. Au stade terminal, il n'y a alors d'autre choix que de remplacer les ventricules défectueux par une assistance circulatoire mécanique, parfois posée dans en très grande urgence. Chaque année en France environ 250 patients sont concernés par la pose d'un "vrai-faux" cœur. Qu'il s'agisse d'un cœur artificiel total, implanté à la place de l'organe malade, ou d'un dispositif d'assistance ventriculaire gauche (LVAD), auquel le cœur est relié, il s'agit toujours de machines ultra-perfectionnées et très coûteuses (plus de 100.000 euros, hors pose) insérées dans le thorax.

Le premier cœur artificiel total a été testé en 1969, mais ce n'est qu'en 1982 que cette prothèse intracorporelle prendra son essor, après son implantation chez un Américain, Barney Clark. Le cœur artificiel est alors relié à une très volumineuse console extérieure dont le patient ne peut s'éloigner. À la suite de nombreuses complications, celui-ci décéda au bout de 112 jours. Dep[...]

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