L'atome, une alternative à l'effet de serre

Nous avons la solution au problème, mais personne ne nous écoute”, ont-ils l’air de dire. Le problème, c’est le changement climatique que provoqueraient les gaz - dioxyde de carbone (CO2) en tête - émis lors de la production d’électricité à partir du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Et la prétendue solution est l’énergie nucléaire. Malgré toute la méfiance qu’elle suscite, ses partisans sont convaincus que le monde devra tôt ou tard y avoir recours. Lors de la Conférence sur les changements climatiques, qui s’est tenue en novembre dernier à Buenos Aires, les organismes représentant l’industrie nucléaire se sont de nouveau posés comme la seule alternative viable à la production d’énergie fossile. Selon leurs chiffres, la production d’un térawattheure (un million de mégawatts) génère 1,09 million de tonnes de CO2 à partir du charbon, 430 000 tonnes à partir du gaz naturel et seulement 38 000 tonnes avec une centrale atomique. Les chiffres sont éloquents, mais le nucléaire provoque un tel rejet que, loin de parier sur cette source d’énergie, nombre de pays abandonnent aujourd’hui leurs programmes. Il ne s’agit pas seulement de trouver un moyen de réduire les émissions de CO2. Le problème de fond est la crise énergétique qui éclatera vraisemblablement dans une vingtaine d’années, lorsque la croissance démographique et le développement du tiers-monde feront exploser la demande. “De récentes études montrent que la demande d’électricité va doubler, voire tripler, au cours des trente prochaines années ; en Chine et en Inde, elle sera multipliée par sept”, explique Mohamed el-Baradei, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), un organisme créé par les Nations unies pour favoriser l’utilisation pacifique de l’atome. Afin de répondre à cette demande, “il va falloir compter avec l’énergie nucléaire : c’est la seule qui garantisse une indépendance énergétique et qui ne produise pas de CO2”, assure M. El Baradei. A cet argument s’ajoutent d’autres atouts écologiques : le nucléaire ne provoque aucune émission d’oxyde d’azote ou d’oxyde de soufre, par exemple. Il se distingue ainsi du pétrole et surtout du charbon, dont la combustion libère dans l’atmosphère des composés acides qui se déposent ensuite sous forme de pluies acides, détériorant forêts, lacs et bâtiments. Ces arguments ne datent pas d’hier, rétorque Carlos Bravo, spécialiste de l’énergie nucléaire au sein de l’organisation écologiste Greenpeace. Les émissions polluantes sont certes beaucoup plus faibles, reconnaît-il. Mais “il s’agit d’une énergie intrinsèquement dangereuse. Elle repose sur une technologie très complexe, ce qui multiplie les risques d’erreur. Il suffit qu’un seul mécanisme présente une défaillance pour ouvrir la porte à une catastrophe.” “La seule alternative réelle aux émissions, ce sont les sources d’énergie renouvelables, et surtout davantage d’efficacité et d’économies dans la consommation électrique. Il ne s’agit pas d’émettre moins, mais de ne pas émettre du tout. Et, si l’on considère l’ensemble du cycle, l’industrie nucléaire provoque des émissions lors de l’extraction du minerai, de son retraitement, de son transport et lors de l’enrichissement de l’uranium”, ajoute M. Bravo. Greenpeace donne ainsi la priorité au démantèlement des centrales nucléaires. Pour commencer à réduire les émissions de gaz carbonique, l’organisation recommande d’agir sur les transports, qui en sont la principale source, et de remplacer le charbon et le pétrole par du gaz naturel. Appuyant une proposition de l’Institut de l’environnement de Stockholm, Greenpeace affirme qu’il serait possible de fermer les centrales nucléaires actuelles dans un délai d’environ dix ans et, ensuite, de procéder à une réduction progressive du nombre des centrales thermiques à combustibles fossiles. L’objectif consiste à atteindre l’an 2100 avec une structure de production énergétique reposant exclusivement sur des sources renouvelables. Les énergies éolienne et solaire occuperaient la première place, avec l’appoint de la biomasse et de l’hydroélectricité.

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