L'association Sherpa porte plainte en France contre le gouverneur de la banque centrale du Liban

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L'association de lutte contre la corruption Sherpa a déposé une plainte en France contre Riad Salamé, le gouverneur de la banque centrale du Liban, pour des soupçons de biens mal acquis, a déclaré lundi à Reuters une responsable de l'organisation. Ces soupçons portent sur des biens immobiliers en France d'une valeur de plusieurs millions d'euros.

Alors que le Liban est frappé de plein fouet par une crise économique et politique, le gouverneur de la banque centrale du Liban, Riad Salamé, est visé par une plainte déposée en France par l'association Sherpa pour des soupçons de biens mal acquis, a déclaré lundi 3 mai à Reuters une responsable de l'ONG, Laura Rousseau.

Déposée vendredi, la plainte porte sur des biens immobiliers en France d'une valeur de plusieurs millions d'euros, a précisé Laura Rousseau.

L'association de lutte contre la corruption avait auparavant indiqué qu'une plainte avait été déposée, en collaboration avec le Collectif des victimes des pratiques frauduleuses et criminelles au Liban, devant le Parquet national financier (PNF) français pour corruption et blanchiment d'argent dans et à l'extérieur du pays du Cèdre.

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Le communiqué de l'association ne dévoile pas l'identité des personnes visées, mais il précise que "la plainte déposée vise non seulement des faits de blanchiment en lien avec l'externalisation de capitaux considérables à compter de la crise de l'automne 2019, mais également les conditions suspectes dans lesquelles ont été acquis par des responsables libanais privés ou publics ces dernières années sur le territoire français des biens immobiliers parfois très luxueux".

Sollicité, le PNF n'était pas disponible dans l'immédiat pour un commentaire.

Lutte contre la corruption

De son côté, Riad Salamé a réagi lundi auprès de Reuters en affirmant avoir acquis ses biens en France avant de prendre ses fonctions à la banque centrale du Liban. Par le passé, il a déjà démenti les accusations de corruption en son encontre, disant être l'objet d'une campagne de dénigrement.

"L'objectif final de cette procédure de biens mal acquis est la restitution des avoirs à la population libanaise qui a été spoliée et la lutte contre la corruption", souligne l'association Sherpa dans son communiqué.

L'ONG rappelle que Transparency International, qui mesure le degré de perception de la corruption au niveau mondial, a classé le Liban au 149e rang sur 180 de son étude.

Sherpa et d'autres organisations non gouvernementales ont déposé des plaintes similaires par le passé, dont une contre Rifaat al-Assad, oncle du président syrien Bachar al-Assad, condamné récemment par la justice française à une peine de quatre ans de prison pour blanchiment.

Le Liban est plongé dans sa crise la plus profonde, au niveau politique et économique, depuis la guerre civile de 1975-1990, sur fond de défiance à l'égard des élites, accusées de corruption. Paris est depuis huit mois à la tête des efforts internationaux pour sortir le Liban de cette crise.

Avec Reuters