L'association Osez le féminisme! attaque l'élection Miss France en justice

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Sylvie Tellier lors du concours Miss France - Philippe Huguen / AFP
Sylvie Tellier lors du concours Miss France - Philippe Huguen / AFP

L'émission Miss France enfreint-elle le Code du travail? C'est ce que l'association Osez le féminisme! tente de prouver. Avec la participation de trois demanderesses anonymes, l'organisation saisit les Prud'hommes contre la société Miss France et Endemol Productions, comme le rapporte Le Monde ce lundi. Le quotidien national résume les trois reproches de l'association féministe, qui fustige chaque année les valeurs véhiculées par le concours:

"La participation au célèbre concours de beauté reviendrait à livrer une prestation de travail; le règlement imposé par Miss France comporterait des clauses discriminantes; postuler au poste de Miss France relèverait de la discrimination à l’embauche."

"Utiliser le droit pour faire avancer la cause des femmes"

L'objectif est que les Prud'hommes reconnaissent que les prestations des jeunes femmes ne relèvent pas du bénévolat, et valent donc contrat de travail. Auquel cas, ce dernier serait discriminant, selon l'association. Violaine de Filippis-Abate, avocate d'Osez le féminisme!, assure que les prérequis de Miss France rendraient une offre d'emploi illégale: les candidates sont notamment tenues de surveiller leur poids, de ne pas changer de coupe, de n'arborer ni tatouage ni piercing, de mesurer au moins 1,70m et d'être célibataire et sans enfants.

Osez le féminisme! estime que le travail fourni par les candidates, dès les répétitions pour les concours locaux, définit une relation contractuelle car leurs efforts tendent vers "une émission à valeur économique". Elles pointent également du doigt les nombreuses obligations auxquelles elles sont soumises dans leur vie privée dès lors qu'elles sont candidates, comme ne pas boire ou consommer de substances illégales en public, sous peine d'être disqualifiées.

"Nous avons beau protester chaque année contre ce concours qui véhicule des valeurs sexistes, rien ne change jamais", s'agace Alyssa Ahrabare, la présidente de l’association, dans les colonnes du Monde. "Cet effort de sensibilisation ne suffisant plus, nous avons décidé d’utiliser le droit pour faire avancer la cause des femmes."

Le quotidien précise que les demanderesses, trois femmes qui ont dû renoncer au concours parce qu'elles ne répondaient pas aux critères exigés, demandent un euro symbolique de dommages et intérêts. Mais en cas de retard, une astreinte de 5000 euros par jour sera réclamée.

Article original publié sur BFMTV.com

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