L'association L214 publie de nouvelles images d'un élevage de porcs de l'Allier déjà épinglé en 2020

L214 persiste et signe. L'association de défense des animaux a réitéré, mercredi 10 février, ses accusations de maltraitance visant un élevage de porcs de l'Allier. Les images, tournées le 4 janvier et dans les jours qui suivent, montrent des porcs pataugeant dans leurs excréments, privés d'eau, dont certains ont les pattes coincées dans les fentes des caillebotis qui recouvrent le sol.Nos nouvelles images tournées en 2021 montrent toujours des infractions massives, visiblement couvertes par les autorités sanitaires ! Nous avons déposé plainte pour maltraitance animale et nous transmettons ces nouvelles preuves à la justice. https://t.co/xX1YotgXEU pic.twitter.com/OajSEFlg3L — L214 éthique & animaux (@L214) February 11, 2021Coupe systématique des queues, animaux blessés non soignés, absence d'eau… L214 dénonce, vidéo à l'appui, comme elle le fait régulièrement, "de nombreuses violations à la réglementation" dans cet élevage situé à Limoise et qui fournit la marque Herta. "On est un élevage lambda" L'association avait déjà porté plainte début décembre contre cet établissement. Elle avait alors diffusé une première vidéo qui avait déclenché une inspection de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l'Allier concluant à la "bonne tenue" de l'exploitation. Herta, qui avait dans un premier temps suspendu ses achats auprès de cet élevage, était revenu sur sa décision après que la préfecture l'eut jugé conforme. La préfecture de l'Allier a indiqué que ses services avaient procédé à un nouveau contrôle mercredi matin. "Ce dernier contrôle a permis de confirmer que l'exploitant a en effet engagé les mesures correctives attendues qui sont en cours de déploiement (équipements d'abreuvement en cours d'installation, matériaux manipulables en partie installés, densité réduite, remplacement des caillebotis...)", a détaillé la préfecture à l'AFP et à franceinfo. L'un des responsables de la porcherie dit se sentir "démuni" après la diffusion de cette nouvelle vidéo. Elle ne reflète pas la réalité de son élevage selon lui. "On ne comprend pas trop ce qui nous arrive. On est un élevage lambda. Il y a des petits cochons qui sont morts mais c'est normal. Quand une truie fait 12 - 15 petits, il y a toujours un ou deux petits qui meurent. C'est facile de filmer deux animaux pendant deux minutes qui vont pas bien, alors qu'il y en a 1 000 à côté qui vont bien", plaide-t-il auprès de Lisa Beaujour, journaliste de franceinfo qui s'est rendue sur place."Ils ont une distribution trois fois par jour de soupe et (...) ils ont de l'eau dans les auges", assure-t-il, en réponse aux accusations de L214. "On est en train de remetttre en plus des petites pipettes pour qu'ils aient de l'eau à disposition", ajoute-t-il. Une enquête en cours Mais L214 n'est pas convaincue. "Soit les inspecteurs vétérinaires du ministère de l'Agriculture ont besoin de nouvelles lunettes, soit ils se sont trompés d'élevage, soit ils ont menti", estime, jeudi, Sébastien Arsac, cofondateur de cette association qui milite pour l'abolition de l'élevage.« Sans ces nouvelles images, le rapport d’inspection des services vétérinaires pouvait laisser penser que cet élevage était en conformité avec la réglementation. Cette nouvelle affaire ruine à nouveau la confiance dans les services vétérinaires de l’État. »https://t.co/xX1YotgXEU — L214 éthique & animaux (@L214) February 11, 2021 De son côté, le parquet de Moulins (Allier), qui a reçu la plainte de L214 pour "maltraitance" et pour "tromperie du consommateur", a indiqué qu'une enquête était "en cours". Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches de Moulins.