L'Assemblée rejette une salve de textes du Rassemblement national, qui crie au "sectarisme"

L'Assemblée rejette une salve de textes du Rassemblement national, qui crie au "sectarisme"
La cheffe de file des députés Rassemblement national à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen. - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP
La cheffe de file des députés Rassemblement national à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen. - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

L'Assemblée a rejeté ce jeudi sans surprise tous les textes présentés par le Rassemblement national, dont la proposition d'instaurer un uniforme obligatoire à l'école, preuve selon Marine Le Pen du "sectarisme" des autres formations politiques.

Le groupe d'opposition s'attendait à ces échecs. Mais il a profité de sa première journée réservée, sa "niche parlementaire", pour dérouler certains de ses thèmes favoris, à l'exception notable de l'immigration, et poursuivre sa quête de normalisation et de crédibilité auprès de l'opinion.

Sa cheffe de file, Marine Le Pen, a expliqué vouloir avant tout montrer aux Français que le RN avait "respecté sa promesse" en présentant "des textes concrets pour améliorer leur vie quotidienne".

Une attitude "pitoyable"

Des textes qui auraient pu être adoptés selon elle si les autres groupes "votaient en fonction de leurs idées" au lieu de les rejeter par "sectarisme". "Le but des autres groupes c'est d'essayer de démontrer que nous serions un groupe à part", a-t-elle lancé devant des journalistes, dénonçant une attitude "pitoyable".

LR, qui a déposé des propositions de loi similaires, est le seul autre groupe à avoir apporté son soutien, au nom de "l'intérêt général", à l'uniforme obligatoire à l'école, un texte vivement combattu par la gauche.

Même si certains députés macronistes voient d'un bon oeil le port de l'uniforme, le camp présidentiel s'est prononcé contre un texte rédigé sans "travail sérieux sur l'impact".

"C'est un sujet qui mérite de la nuance", a dit le député Sylvain Maillard, hostile à toute généralisation, expliquant qu'un groupe de travail avait été mis en place au sein de Renaissance sur le sujet.

"C'est la journée de la mauvaise foi"

L'Assemblée a également rejeté plus tôt une mesure visant à inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10% via des baisses des cotisations patronales. Les élus LR se sont abstenus, tandis que la majorité et la gauche ont voté contre la proposition, jugée inefficace voire dangereuse.

Pas davantage de succès, malgré le soutien encore une fois de LR, pour la proposition de supprimer les zones à faibles émissions (ZFE) dans les agglomérations, où il est progressivement interdit aux véhicules les plus polluants de circuler.

La demande d'instaurer un droit de visite sans préavis des parlementaires dans les Ehpad a elle aussi été rejetée, les autres groupes s'inquiétant notamment de violations de l'intimité des personnes vulnérables. "C'est la journée de la mauvaise foi", a réagi la députée RN Laure Lavalette.

Son collègue Bruno Bilde a aussi fustigé "l'hypocrisie" des groupes qui ont voté contre sa proposition d'instituer la proportionnelle pour les législatives, alors qu'ils sont favorables à ce mode de scrutin.

Article original publié sur BFMTV.com