L'Assemblée nationale rend hommage à Philippe de Gaulle, artisan de sa Libération

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La cérémonie d'hommage à l'amiral Philippe de Gaulle organisée à l'Assemblée nationale à Paris le 27 novembre 2019

Paris (AFP) - Un épisode méconnu de l'histoire du Palais Bourbon commémoré: le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a dévoilé mercredi une plaque en souvenir de la reddition des forces allemandes et du rôle tenu par l'amiral Philippe de Gaulle, fils du général.

"Il est des missions qui requièrent une fermeté d'âme et des nerfs que tout le monde n'a pas. Cette fermeté, cette audace, vous en avez donné la preuve éclatante en cette journée historique du 25 août 1944", en participant à la Libération du Palais Bourbon, a rappelé Richard Ferrand.

Mercredi, devant un parterre de députés, personnalités politiques et anciens combattants, Richard Ferrand a célébré "le courage" de Philippe de Gaulle, aujourd'hui âgé de 97 ans et qui assistait à la cérémonie, avant de dévoiler la plaque à l'entrée de la galerie des fêtes.

Un geste qui aurait du être accompli "il y a longtemps" selon le président Ferrand, qui a remercié, comme Philippe de Gaulle, Claude Chirac, son époux Frédéric Salat-Baroux ainsi que Christian Jacob, président des Républicains, initiateurs de cette commémoration.

"Le 25 août 1944, le père libérait la France, le fils restituait cette maison à la République" a résumé Richard Ferrand.

Ce jour-là, les troupes de la 2e DB libèrent peu à peu Paris. Parmi elles se trouvent l'enseigne de vaisseau de 23 ans.

Philippe de Gaulle raconte, par la voix de son fils, comment il est convoqué, dans l'après-midi au poste de commandement du général Leclerc gare Montparnasse. On lui confie une "demi-feuille tapée à la machine en allemand", destinée à ceux qui occupent la chambre des députés, signée par le commandant Von Choltitz.

Il s'apprête à partir quand son père, le général De Gaulle, arrive dans la gare.

Ils se rendent alors compte d'"un quiproquo assez stupide", selon Philippe de Gaulle. S'il avait été convoqué, c'était pour retrouver son père, et non pour aller porter l'ordre de reddition.

"Mais il est trop tard", confie Philippe, "je ne peux plus me défausser de la mission dangereuse qu'on vient me confier". Accompagné d'un major allemand prisonnier en guise d'interprète, il se rend, sous les tirs ennemis, au Palais Bourbon.

Il se trouve alors face à des officiers allemands, qui s'adressent à lui en anglais : "Nous voulons bien nous rendre aux seuls troupes régulières américaines". Ce à quoi, il répond, en français : "Il n'y a pas d'Américains à Paris, vous vous rendez aux troupes françaises du général Leclerc".

Dans les couloirs du Palais Bourbon, il constate qu'il est seul Français dans un bâtiment rempli d'Allemands armés, près de 400. Du haut de ses presque 98 ans, l'amiral concède, toujours via le discours lu par son fils, que "l'inconscience tient souvent lieu de courage".

Dans les salons de l'hôtel de Lassay, il remet officiellement la missive signée de Von Choltitz.

Les officiers allemands acceptent de se rendre, d'une simple phrase: "Nous conservons l'ordre pour notre justification".