L'Assemblée de Corse, envahie par des manifestants, vote une résolution pro-prisonniers

L'Assemblée de Corse, envahie par des manifestants, vote une résolution pro-prisonniers
Assemblée de Corse. PHOTO D'ILLUSTRATION - Pascal Pochard-Casabianca-AFP
Assemblée de Corse. PHOTO D'ILLUSTRATION - Pascal Pochard-Casabianca-AFP

Après l'intrusion jeudi matin dans son hémicycle d'une cinquantaine de militants défenseurs des prisonniers dits politiques, l'Assemblée de Corse a suspendu sa séance pendant dix heures avant de voter une "résolution" appelant l'État à négocier sur la situation de ces détenus.

Les élus corses ont engagé en juillet un cycle de réunions avec l'État sur l'avenir de l'île, y compris institutionnel, suivant une proposition du ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin, après l'agression mortelle en prison d'Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac.

Ils demandent "des actes politiques"

Le texte de la résolution, qui a été adoptée à l'unanimité après avoir été présentée pour validation aux manifestants qui avaient rejoint les tribunes, indique notamment que l'Assemblée de Corse et le conseil exécutif "aspirent à poursuivre (ce) processus de dialogue dans des conditions apaisées".

Mais pour cela, ils demandent à l'État "des actes politiques" de "façon à créer les conditions de la reprise du processus en cours".

"Rappelant que dans l'histoire contemporaine de la Corse, les négociations politiques ont toujours pris en compte la question des prisonniers", ils appellent à ce que "le processus de discussion engagé entre la Corse et l'État intègre cette problématique dans toutes ses dimensions -retour à la liberté, condamnation pécuniaires, Fijait (fichier des auteurs d'infractions terroristes: NDLR), logique d'apaisement en direction des jeunes ayant participé aux manifestations du printemps dernier".

Ils souhaitent "une réunion sur cette question" avec le gouvernement "au plus vite, dès le mois de novembre 2022".

L'intrusion des manifestants vers 11 heures dans l'hémicycle de l'Assemblée de Corse à Ajaccio avait donné lieu à des bousculades et à quelques coups et insultes. La session de l'Assemblée de Corse, où plus de deux tiers des élus sont nationalistes, avait ensuite été suspendue.

Article original publié sur BFMTV.com