Des larves qui se nourrissent de polystyrène pourraient révolutionner le recyclage du plastique

Les "super vers" peuvent atteindre la taille de 5cm et sont élevés pour nourrir les reptiles et les oiseaux, ainsi que les êtres humains dans certains pays. (REUTERS)

Une récente étude montre que l'intestin de larves de coléoptères contient des enzymes capables de décomposer du plastique d'ordinaire très difficile à recycler.

Les "super vers" pourraient être d'une très grande aide pour notre planète. Grâce à leurs enzymes intestinaux, les "super vers" (ou larves du coléoptère Zophobas morio) peuvent fournir des méthodes alternatives pour décomposer et recycler les déchets plastiques après les avoir mangés, ont observé des scientifiques australiens. Ces larves capables de digérer le polystyrène pourraient donc bien détenir la clé d'un taux de recyclage du polystyrène plus élevé.

Le polystyrène est en effet un plastique léger et composé en grande partie d'air très largement utilisé, que l'on trouve sous sa forme solide dans beaucoup d'objets de la vie courante tels que les emballages, les jouets ou encore les isolants. S'il ne s'agit pas d'un plastique toxique, il met plus de 1000 ans à disparaître de la nature, c'st pourquoi son recyclage est un véritable enjeu.

Des vers qui gagnent de l'énergie grâce au polystyrène

Chris Rinke, qui a mené l'étude publiée dans la revue Microbial Genomics ce jeudi 9 juin, explique que des recherches avaient déjà montré que de minuscules vers de cire et de farine, qui sont également des larves de coléoptères, avaient de bons antécédents en matière de consommation de plastique, c'est pourquoi son équipe et lui ont "émis l'hypothèse que les 'super vers' beaucoup plus grands pouvaient manger encore plus".

C'est alors qu'ils ont soumis les "super vers" à plusieurs types de régimes alimentaires pendant 3 semaines : certains ont reçu du polystyrène, d'autres du son de blé et d'autres rien. À l'issue de cette étude, ils se sont aperçus que les larves du coléoptère Zophobas morio supportent très bien le régime de polystyrène. "Nous avons confirmé que les super vers pouvaient survivre avec un régime de polystyrène seul, et même prendre un peu de poids - par rapport au groupe témoin soumis à la famine - ce qui suggère que les vers peuvent gagner de l'énergie en mangeant du polystyrène", conclut Chris Rinke.

Un régime non sans conséquence sur leur santé

Bien que les super vers élevés au polystyrène aient terminé leur cycle de vie, devenant des nymphes puis des coléoptères adultes pleinement développés, les tests ont révélé une perte de diversité microbienne dans leurs intestins et des agents pathogènes potentiels. Ces résultats suggèrent que même si les insectes peuvent survivre avec du polystyrène, il ne s'agit pas d'un régime nutritif et cela a un impact sur leur santé.

S'ils ont bien terminé leur cycle de vie, ces tests ont révélé une perte de diversité microbienne dans les intestins de ces vers ainsi que des agents pathogènes potentiels, ce qui montre que ce régime à un impact sur leur santé. Pour rappel, ces vers peuvent mesurer jusqu'à 5 centimètres et sont élevés comme source de nourriture pour les reptiles, les oiseaux, ainsi que pour les humains dans des pays comme la Thaïlande ou le Mexique.

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