L'art du consensus est aussi étranger à la politique française que le couscous à la cuisine japonaise

La politique devrait être avant tout l'art du consensus. | Jacques Paquier via Flickr
La politique devrait être avant tout l'art du consensus. | Jacques Paquier via Flickr

Dans nombre de pays, le résultat des dernières élections législatives n'aurait provoqué rien d'autre qu'un étonnement passager, une simple péripétie dans la vie de la nation. Aussitôt connu, on aurait commencé à étudier la possibilité de telle ou telle alliance, les sujets de désaccords existant entre les uns et les autres, les points de convergence à même de créer les conditions d'une dynamique gouvernementale.

En France, rien de tout cela. Dans la nuit, l'Allemagne aurait déclaré la guerre à la France que le désarroi n'aurait pas été plus grand.

Soudain, ce fut comme si la terre s'était ouverte sous les pieds de la démocratie française, menaçant de l'engloutir à tout jamais. On ne savait plus à quel saint se vouer et, dans ce grand vacillement où chacun se regardait en chien de faïence, les crocs déjà sortis et prêts à mordre, on comprenait que rien ne serait simple pour la majorité comme pour l'opposition.

C'est que l'art du consensus est aussi étranger à la politique française que le couscous à la cuisine japonaise. L'autre, l'adversaire, celui qui ne partage pas vos idées, est toujours vu comme le diable incarné avec qui ne serait-ce que discuter ressemblerait à un crime de haute trahison. En France, on ne négocie pas, on invective, on vocifère, on se crache au visage et on s'arc-boute sur ses principes comme un juif orthodoxe à ses papillotes.

J'ignore d'où vient ce particularisme hexagonal, cette sorte d'hystérie qui empêche des formations politiques de se retrouver autour d'une table afin d'œuvrer pour l'intérêt général. Comme si finalement, il était plus important de rester sur son quant-à-soi que de participer à la vie de la nation. Ou comme si se prêter à ce genre de pratiques signifiait renoncer à ses convictions, quand il ne s'agit que de trouver un terrain d'entente acceptable pour toutes...

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