L'armée irakienne pilonne des positions kurdes, Abadi reste ferme

Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi. Les forces irakiennes et leurs alliés de la milice Unités de mobilisation populaires ont commencé à pilonner des positions des combattants peshmergas kurdes à partir de Zummar, dans le nord de l'Irak, a annoncé jeudi le conseil de sécurité du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK). /Photo prise le 23 octobre 2017/REUTERS/Alex Brandon (Reuters)

BAGDAD (Reuters) - Les forces irakiennes et leurs alliés de la milice Unités de mobilisation populaires ont commencé à pilonner des positions des combattants peshmergas kurdes à partir de Zummar, dans le nord de l'Irak, a annoncé jeudi le conseil de sécurité du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK).

Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, a réaffirmé jeudi que le résultat du référendum du 25 septembre sur l'indépendance du Kurdistan irakien devait être annulé, rejetant là semble-t-il l'offre des Kurdes de "geler" le processus indépendantiste dans le cadre d'efforts pour résoudre la crise par la négociation.

"Nous n'accepterons rien d'autre que son annulation, et le respect de la Constitution", a déclaré Haïdar al Abadi.

Le Gouvernement régional du Kurdistan a lancé mercredi l'idée d'un cessez-le-feu immédiat, d'une suspension du résultat du référendum et de "l'ouverture d'un dialogue avec le gouvernement fédéral, sur la base de la Constitution irakienne".

Bagdad a toujours considéré le référendum kurde du 25 septembre comme illégal, et a répliqué la semaine dernière en reprenant le contrôle de la ville de Kirkouk et des gisements pétroliers voisins, conquis par les Kurdes lorsque l'armée irakienne avait été en déroute en 2014 face à l'offensive éclair des djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Haïdar al Abadi a ordonné à l'armée de reprendre tous les territoires contestés et veut que Bagdad reprenne le contrôle des postes-frontières avec la Turquie dans le secteur de Fish-Khabour, à l'intérieur du Kurdistan autonome.

Fish-Khabour est d'un enjeu stratégique crucial car le pétrole venant à la fois des régions kurdes et des régions sous contrôle de Bagdad s'écoule par là, via un oléoduc, en direction de la Turquie et donc des marchés d'exportation.

La Turquie et l'Irak sont convenus d'ouvrir un nouveau poste-frontière, dont la construction débutera lorsque les mesures de sécurité nécessaires auront été prises, a annoncé jeudi Bülent Tufenkci, ministre turc chargé des Douanes, cité par l'agence de presse Anatolie.

En parallèle, l'armée irakienne a lancé jeudi matin une offensive dans les derniers territoires contrôlés par le groupe Etat islamique (EI) en Irak, à la frontière avec la Syrie dans l'ouest du pays, sur les villes d'Al Kaïm et Rawa.

(Hesham Hajali, Julie Carriat et Eric Faye pour le service français)

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