L'armée conteste à son tour le projet de réforme des retraites

Pour le Conseil supérieur de la fonction militaire, "certaines dispositions fragilisent notre modèle d’armée et la condition militaire".

C’est un nouveau coup dur pour le gouvernement concernant son projet de réforme des retraites. Car il ne convainc pas non plus l’armée, révèle Le Parisien. Saisi par le ministre des Armées, le Conseil supérieur de la fonction militaire a expliqué dans un courrier envoyé le 15 janvier dernier qu’il ne pouvait pas "émettre un avis favorable" concernant ce projet de loi. Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont pourtant tenté de rassurer les militaires à ce sujet.

Le 21 décembre, le président de la République, présent en Côte d’Ivoire pour passer une soirée avec les troupes françaises, avait déclaré selon Franceinfo : "Quand on est militaire on ne touche pas la retraite, on a une pension. C'est différent". Un "message de réassurance pour répondre à une inquiétude latente chez les militaires", selon son entourage cité par l’AFP, qui faisait écho aux propos de son Premier ministre, qui affirmait quelques jours plus tôt que les militaires garderaient le bénéfice de dérogations d’âge sur le départ à la retraire.

"Le principe même de l'escalier social est mis à mal"

Mais ce discours n’a pas convaincu. "Certaines dispositions fragilisent notre modèle d'armée et la condition militaire" selon le Conseil supérieur de la fonction militaire, qui pointe notamment "les modalités de calcul de la pension militaire qui suivraient le régime de droit commun, qui est d'encourager les salariés à poursuivre leur activité". A en croire ce courrier, des "décotes dissuasives pouvant aller au-delà de 60%" pourraient se traduire par des abattements du montant des pensions pouvant aller jusqu’à 20% pour certaines catégories de militaires.

"La mise en place d'une règle de calcul assise sur l'ensemble de la carrière au lieu des six derniers mois", qui "engendrera inexorablement une baisse des pensions" pour certains militaires "pas ou peu primés" est l’autre problème de cette réforme qui ne passe pas dans les rangs des forces armées. Les engagés volontaires et les jeunes sous-officiers et officiers mariniers seraient les plus pénalisés selon ce courrier. (...)

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