Dans "L'Arabe du futur 5", Riad Sattouf rend hommage aux enseignants

·3 min de lecture

Dans "L'Arabe du futur 5" à paraître jeudi, l'auteur de bande dessinée franco-syrien Riad Sattouf rend notamment hommage aux enseignants qui "sauvent la société et la République française chaque jour".

Riad Sattouf, l'auteur de bande dessinée, sort un nouvel opus de sa célèbre série "L'Arabe du futur". Dans cette cinquième version, l’auteur raconte la naissance de sa vocation et rend hommage aux enseignants qui ont cru en lui et qui, dit-il, "sauvent la société et la République française chaque jour".

Il se souvient notamment d'une professeure d'arts plastiques de 3e à Rennes, qui avait perçu ses aptitudes. "Je garde un bon souvenir de beaucoup de mes profs, même ceux qui étaient désagréables. Dans mon école syrienne, les professeurs nous apprenaient à lire et écrire, mais les enfants étaient dressés. En France, ils élevaient leurs élèves. Enseignant, c'est vraiment le métier le plus dur, le moins considéré et pourtant le plus essentiel", estime l'auteur franco-syrien à l'AFP.

Adolescence

"On ne se rend pas compte de la difficulté que c'est de se retrouver face à des collégiens, des lycéens. Ce sont eux, les profs, qui sauvent la société et la République française chaque jour", ajoute-t-il.

Dans ce cinquième et avant-dernier volet de son récit autobiographique, qui sort jeudi, Riad Sattouf raconte les années 1992-1994, où les ados écoutent Nirvana et portent les premières Adidas Torsion.

Lui est perturbé par ce qu'il appelle le "coup d'État" de son père. Ses professeurs ne le trouvent pas toujours attentif en cours.

"Certains d'entre eux pouvaient être sceptiques face à l'élève que j'étais. Ils avaient souvent raison ! Je me souviens de l'un d'eux qui me disait avec une grosse voix : Sattouf, vous avez des facilités, mais vous savez ce qui arrive à ceux qui en ont et qui ne travaillent pas ? Ils finissent par se casser la gueule", explique-t-il.

"Jamais souffert de racisme"

L'un des ressorts comiques repose justement sur le fait que, malgré son nom, l'adolescent, de mère bretonne, n'est pas perçu comme arabe. Quand il se fait agresser dans la rue par trois jeunes hommes avec "des têtes de Bretons", mais un "chef qui avait l'air, lui, d'origine arabe", il n'arrive pas à leur faire croire qu'il est syrien. Plus tard, il avoue : "Je craignais les personnes d'origine arabe".

"Internet n'existait pas, et le monde était plus mystérieux, plus grand, qu'il ne l'est aujourd'hui. Les informations venaient du journal télévisé, de la radio, de la presse. Et quand je disais que j'étais syrien, les gens ne savaient pas ce que c'était la Syrie, ni ce qui s'y passait, ni même que c'était un pays arabe", se souvient le dessinateur âgé de 42 ans.

Les différences semblent invisibles aux collégiens de cette époque. Et les tensions autour de l'islam n'existent pas.

"Personnellement je n'ai jamais souffert de racisme en France, je n'ai jamais été empêché dans ma progression à cause de mes origines. Ça n'allait pas au-delà des moqueries sur mon nom", souligne l'auteur.

Engagé

Son engagement pour la liberté d'expression se traduit par une collaboration avec Reporters sans frontières (RSF) pour son album annuel. Ces "100 dessins pour la liberté de la presse" retracent son parcours.

"J'ai été extrêmement honoré que Reporters sans frontières me contacte pour faire cet album. Il y a les dessins, mais il y a aussi le récit d'une carrière", annonce Riad Sattouf.

Selon son éditeur, "L'Arabe du futur" cumule 2 millions d'exemplaires en France depuis 2014. Il a été traduit en 22 langues... Mais toujours pas l'arabe.

Riad Sattouf, enfin, illustre la couverture de "13 à table", recueil de nouvelles inédites de 13 écrivains au profit des Restos du Cœur, qui sort également jeudi.

Avec AFP