A l'approche de la présidentielle, Edouard Philippe joue sa partition, au grand dam de la macronie

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·4 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Emmanuel Macron
    Emmanuel Macron
    25e président de la République française
  • Édouard Philippe
    Homme d'État français
L'ancien Premier ministre et maire du Havre Edouard Philippe, et le Président Emmanuel Macron, le 29 juin 2020 à Paris - CHRISTIAN HARTMANN © 2019 AFP
L'ancien Premier ministre et maire du Havre Edouard Philippe, et le Président Emmanuel Macron, le 29 juin 2020 à Paris - CHRISTIAN HARTMANN © 2019 AFP

De la friture sur la ligne. Alors qu'Édouard Philippe multiplie les cartes postales depuis le lancement de son parti politique, Emmanuel Macron suit de près son ancien Premier ministre et n'hésite pas à se mettre en travers de son chemin.

L'interview de l'ancien locataire de Matignon ce mercredi sur France 2 a résumé en quelques minutes l'état des relations entre les deux hommes. Tout en assurant le président de sa "loyauté totale", il a pris ses distances sur les propos que ce dernier a tenu sur les non-vaccinés qu'il a "envie" "d'emmerder".

Se chercher un destin présidentiel

"Nous voulons nous départir de l'acidité, de l'immédiaté, des polémiques incessantes, des petites phrases qui pourrissent le débat", a estimé le maire du Havre, faisant ainsi entendre qu'il avait peu goûté cette sortie.

Il en a également profité pour affirmer son soutien à la vaccination obligatoire, alors que le gouvernement n'a cessé de rejeter cette option.

Ses propos ont encore contribué à alimenter un peu plus la méfiance de la macronie après plusieurs signaux diversement appréciés sur les bancs du gouvernement. Un entretien dans Challenges dans lequel il sonnait "l'alerte" sur la gestion des finances publiques en septembre dernier, le lancement de son parti en octobre puis l'installation de celui-co dans l'ancien QG de Jacques Chirac, gagnant de la présidentielle en 1995...

"Ça a beau sembler anecdotique mais tous ces petits cailloux à la fin, ça montre bien qu'il essaie de se trouver un destin présidentiel", estime ainsi un député de l'aile gauche de La République en marche auprès de BFMTV.com.

"Le futur frondeur de la majorité"

La méthode a été peu apprécié parmi les proches de l'Élysée. "Édouard Philippe marquera toujours sa singularité, sa méthode, sa différence. Emmanuel Macron a accepté des décisions de sa part avec lesquelles il n'était pas toujours d'accord. A lui de faire des pas en sa direction maintenant", juge François Patriat, le président du groupe La République en marche au Sénat.

En toile de fond, la crainte que le Havrais soit trop gourmand dans les négociations pour obtenir des investitures après la présidentielle.

"Tout le monde a un peu peur que les futurs députés d'Edouard Philippe bordelisent la majorité et soient les frondeurs de la future mandature", lâche, inquiet, un parlementaire de la majorité.

L'édile s'est d'ailleurs voulu très clair sur France 2 mercredi. Interrogé sur son souhait de peser dans les législatives, Edouard Philippe a répondu, bravache : "Bien sûr. Je ne suis pas venu pour beurrer les tartines". Une référence aux Tontons flingueurs, l'un des films préférés... d'Emmanuel Macron.

Coup de frein à la fusion entre Agir et Horizons

Pas question donc de faciliter les choses du côté du président. Alors que l'ancien Premier ministre misait beaucoup sur la fusion entre Agir, le parti de l'aile droite de la majorité et Horizons au sein d'Ensemble citoyens!, la maison commune de la majorité présidentielle, le chef de l'État aurait mis un coup d'arrêt à ce meccano politique, rapporte Le Parisien.

Parmi les proches de Franck Riester, le ministre délégué au commerce extérieur, et le président d'Agir, on nuance. "Il y a eu des échanges constructifs mais toutes les conditions n'étaient pas réunies. Notre place dans l'organisation ne nous convenait pas forcément", avance-t-on dans son entourage auprès de BFMTV.com.

Comprendre: les proches d'Edouard Philippe ne sont pas prêts à accepter des conditions qui ne leur conviennent pas et veulent peser. Dubitatif sur l'opportunité de créer une maison commune pour œuvrer ensemble pendant la campagne présidentielle, l'ancien Premier ministre a pourtant fini par s'y rallier.

"La clause n'est pas respectée"

La pilule passe donc mal. "Dès la première tentative de rapprochement, la clause n'a pas été respectée. Et bien, si c'est cela, on considère qu'il n'y a plus de pacte fondateur", lâche ainsi, fâché, le député européen Gilles Boyer, intime parmi les intimes d'Edouard Philippe, dans les colonnes du Parisien.

"L'immense majorité des cadres d'Agir souhaitent cette fusion. Édouard Philippe est une carte maîtresse de la majorité. La politique, ce sont des additions et des rapports de force", décrypte de son côté le député Agir Pierre-Yves Bournazel.

Sur les bancs de la République en marche, on estime au contraire que l'ancien Premier ministre ne mouille pas vraiment la chemise à trois mois de la présidentielle.

"J'aimerais que les gens autour de lui se mobilisent, que ses troupes montent au créneau pour défendre le président", juge François Patriat.

Richard Ferrand a déjà prévenu: les investitures pour les législatives seront données au lendemain du second tour de la présidentielle, pas avant. Une façon comme une autre de s'assurer du soutien de l'ancien Premier ministre.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles