L'apnée du sommeil favoriserait-elle l'apparition de la maladie d'Alzheimer ?

L'apnée du sommeil favoriserait-elle l'apparition de la maladie d'Alzheimer ?

Une étude menée par une équipe de l’Inserm prouve que l’apnée du sommeil pourrait être un signe d’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Près de 225 000 nouveaux cas de la maladie d’Alzheimer sont diagnostiqués chaque année. D’ici 2050, 1,8 million de Français pourraient être atteints. Alors qu’un nouveau cas est diagnostiqué toutes les trois minutes, cette maladie entraîne la disparition progressive de neurones dans différentes régions du cerveau. Aujourd’hui, cette pathologie demeure bien mystérieuse et ses causes d’apparition restent mal connues.

Une équipe de chercheurs de l’Inserm s’est intéressée aux liens entre l’apnée du sommeil et la maladie d’Alzheimer. Cette étude a révélé l’apparition de plaques caractéristiques de la maladie dans le cerveau de personnes âgées souffrant d’apnées du sommeil mais n’ayant aucun problème cognitif. Les conclusions de cette étude ont été publiées le 23 mars dans la revue Jama Neurology.

Plaque amyloïdes

Comme le rappelle l’Inserm, le syndrome d’apnée du sommeil est loin d’être un trouble respiratoire rare puisqu’il touche plus de 30% de la population de plus de 65 ans. Concrètement, il se traduit par des pauses respiratoires  pendant le sommeil. Une équipe de l’Inserm, dirigée par Géraldine Rauchs, a utilisé des techniques d’imageries cérébrales. Pour cela, 127 patients de plus de 65 ans ont été recrutés. Tous en bonne santé, ils ne présentaient pas de troubles cognitifs. Grâce à un appareil capable d’enregistrer leur sommeil et leur respiration pendant la nuit, les chercheurs ont constaté que 75% d’entre eux souffraient en réalité d’apnée du sommeil. Les participants ont également répondu à des tests concernant la mémoire et les fonctions exécutives. “Si aucune différence entre les participants n’est observée en ce qui concerne leurs performances cognitives, l’imagerie cérébrale révèle toutefois plusieurs changements notables dans le cerveau des personnes atteintes d’apnées du sommeil”, note l’équipe de recherche.

Si les participants ne présentaient pas de troubles cognitifs particuliers, les résultats ont permis d’observer la présence de plaques amyloïdes chez les personnes atteintes d'apnée du sommeil. Ces plaques sont les conséquences de l’accumulation de la protéine bêta-amyloïde. Comme le rappelle l’Inserm, cette protéine est caractéristique de la maladie d’Alzheimer et s’accumule sous forme de plaques qui peuvent conduire à l’apparition de signes de la maladie. “A l’heure où les essais cliniques visant à tester des traitements contre la maladie d’Alzheimer ne sont pas encore couronnés de succès, l’identification de facteurs de risque et de protection sur lesquels agir intéresse de plus en plus les chercheurs. Grâce à l’utilisation de plusieurs méthodes d’imagerie cérébrale, cette étude nous a permis de préciser les mécanismes expliquant les liens entre qualité du sommeil, risque de déclin cognitif et de maladie d’Alzheimer”, explique Géraldine Rauchs.

Avant de conclure: “Cela ne veut pas dire que ces personnes vont nécessairement développer la maladie, mais elles présentent un risque plus élevé. De plus, il existe des solutions efficaces pour traiter les apnées du sommeil. Détecter les troubles du sommeil, notamment les apnées du sommeil, et les traiter ferait donc partie des moyens pour favoriser le vieillissement réussi”.